L'Encyclopédie Fantastique

L'Encyclopédie Fantastique

Alcide, héros grec

   Bonjour et bienvenue, chers amis. Par les chaleurs du moment, je vous propose de nous attarder sous les oliviers et la brise marine de Grèce, pour profiter un peu du beau temps mais surtout pour aborder ensemble un héros grec plus ou moins bien connu. Aujourd’hui, nous allons parler du puissant Alcide.

 

Vous vous demanderez sans doute qui est cet Alcide, puisqu’il est fort peu probable que ce nom ait un jour titillé vos oreilles. Ne vous inquiétez pas, je m’en vais vous retracer l’histoire de ce jeune homme. Alcide est un descendant de Persée, un autre héros grec, fils de Zeus, dont on en reparlera, par ses deux parents - l’inceste, c’est génial. Ou plutôt devrais-je dire : par ses trois parents. Son père nourricier est Amphitryon, fils d’Alcée et petit-fils de Persée. Sa mère est Alcmène, fille d’Electryon, un autre fils de Persée - donc Electryon et Alcée sont frères. Mais Amphitryon n’est pas le père biologique d’Alcide : c’est Zeus. En effet, le dieu des dieux voulait offrir au monde un protecteur, autant pour les mortels que pour les dieux. Un protecteur fort, très fort. Donc il se devait de faire le travail lui-même, autant pour s’assurer que l'enfant à naître soit puissant (car qui est plus fort que Zeus ?) que parce que, nous le savons à force, il adorait tremper son biscuit dans à peu près tout ce qui portait un vagin. C’est ainsi que fut engendré notre petit Alcide. Néanmoins, l’accouchement ne fut pas sans heurts puisque qu’aussitôt le bébé né, Héra, la bien trop jalouse femme de Zeus, envoya deux serpents tuer Alcide. Nulle crainte à avoir pour lui, puisque ce dernier leur latta les boules à mains nues. Bah, oui, avec son ascendance il était placé sous le double signe de la lumière et de la force. Pour couronner le tout, Hermès le plaça discrétos dans le lit d’Héra pour qu’il puisse téter le sein divin de sa belle-mère, afin d’avoir une part de divinité plus grande encore en lui. Donc, même âgé de quelques jours, le gosse pouvait te mettre une rouste à grand renfort de patates de forain.

 

Il se passa quelques années, Alcide grandit et devint un sacré gaillard. Il était éduqué à tout : à l’art guerrier, avec le centaure Chiron, comme à l’art tout court. Mais on devine qu’il préférait la baston à la flûte puisqu’il tua son professeur de musique. Paye ton ambiance dans la classe. Comme Alcide n’était pas très discipliné, qu’il était impétueux et qu’il pouvait décalquer la gueule de n’importe qui en lui rotant au nez, Amphitryon l’envoya à la campagne garder des troupeaux. C’est là qu’il accomplit son premier exploit : tuer le lion du mont Cithéron qui décimait le bétail du royaume de son père ainsi que du royaume voisin de Thespies. Pour l’en remercier (et s’assurer une rigoureuse descendance), Thespios, roi de Thespies, convia Alcide chez lui sur une longue période et lui amena chaque soir l’une de ses filles. Alcide ne remarqua pas que les filles étaient différentes et il pensa coucher avec la même chaque nuit. Mais ce furent bien 49 filles qui passèrent sous la couette du garçon. La 50ème fille de Thespios refusa de servir de bétail à enfants et fut condamnée à la virginité toute sa vie. Je dis bien bétail à enfants, car le bougre était productif ! Alcide avait 18 ans à cette époque et devint père de 51 fils, qui furent nommés les Thespiades. Ensuite, il s'en alla guerroyer à droite et à gauche, notamment avec les Argonautes, les guerriers de la ville d’Argos. C’est à peu près à cette période qu’il changea de nom. Ici, deux versions diffèrent. Soit il s’agit d’Apollon, soit il s’agit d’Héra, mais un dieu le renomma d’un mot signifiant « la gloire d’Héra » : Héraclès. Et oui ! Alcide n’était autre que le plus célèbre des héros grecs ! Maintenant que vous le savez, je vous préviens que cet article ne sera pas le plus détaillé à son sujet. En effet, Héraclès a fait énormément de choses et il serait difficile de tout raconter en une seule fois. Mais je compte y remédier.

 

Héraclès fit alors sa petite popote tranquille dans son coin, en se mariant avec une certaine Mégara, à laquelle il donna deux enfants - bref, il se fit sa petite maison dans la prairie à lui. Mais c’était sans compter sur la jalousie et la colère d’Héra, qui restaient tenaces (oui, Héra c’est un peu une connasse). La déesse rendit fou Héraclès, qui alla jusqu’à tuer sa femme et ses enfants, qu’il jetta ensuite au feu (il n’y avait pas de congélateurs à cette époque). Episode tristement célèbre de sa vie après lequel il retourna auprès de Thespios pour être purifié. Après avoir consulté l’oracle de Delphes, il se mit au service d’Eurysthée qui lui confia douze tâches pour le moins ardues afin d’expier son crime. Ce sont bien évidemment les douze travaux d’Héraclès. Selon les auteurs l’ordre de la liste change, mais la première reste la même : 1) tuer le lion de Némée, 2) tuer l’Hydre de Lerne, 3) capturer le sanglier d’Erymanthe, 4) vaincre à la course la Biche de Cérynie, 5) abattre les oiseaux du lac Stymphale, 6) capturer le taureau crétois de Minos, 7) dompter les juments de Diomède, 8) ramener la ceinture d’or d’Hippolyte à la reine des Amazones, 9) nettoyer les écuries d’Augias, 10) voler les bœufs de Géryon, 11) voler les pommes d’or du jardin des Hespérides et enfin 12) enchaîner Cerbère. Une petite promenade de santé quoi. Il accomplira par ailleurs plusieurs petits trucs à côté, comme autant de quêtes secondaires lors de sa quête principale. On sait tous qu’il réussira ses travaux, mais on en reparlera autre part.

 

 

Il fut marié au total 4 fois et c’est sa dernière femme, Déjanire, qui le tua. Un jour, ils devaient traverser un fleuve déchaîné. Héraclès se savait capable de le franchir mais il savait également qu’il ne pourrait pas le faire avec sa femme sur le dos. Apparut alors un centaure du nom de Nessos, qui se présenta comme le passeur officiel dudit fleuve. Le couple accepta son offre parce que, au pire, c’est quoi quelques pièces d’argent ? Héraclès passa à la nage sans encombre. Mais ce ne fut pas le cas de Déjanire, qui se fit violenter par un Nessos ayant l'intention de la violer. Héraclès ne fut pas vraiment d’accord et profita du fait qu’il était sur le rivage opposé pour décocher une flèche empoisonnée du venin de l’hydre de Lerne en direction du centaure. Le poison fut fulgurant mais Nessos eut le temps de conseiller à Déjanire de récolter son sang, qui serait selon lui un puissant filtre d’amour, « au cas où Héraclès se détournerait d’elle ». Quelque temps passa et il sembla à Déjanire que son mari se rapprochait trop d’une princesse. Elle décida alors d’offrir à son mari une tunique baignée du sang de Nessos. Evidemment, c’était un piège du centaure. Son sang n’était pas un filtre d’amour, il n’avait rien de magique. En revanche, il était gorgé du poison de l’hydre. Héraclès souffrit un bon moment, durant lequel Déjanire se suicida pour expier son crime, avant de demander de l’aide à l’un de ses fils pour élever un gros bûcher et se jeter dedans. Mais il avait reçu l’immortalité avec le lait d’Héra. Donc, si son corps matériel partit en cendres, il put s’élever à l’Olympe, être divinisé en tant que dieu des éphèbes (des beaux jeunes hommes), se réconcilier avec Héra et épouser la déesse de la jeunesse Hébé. Ainsi finit l’histoire d’Héraclès, fils de Zeus et père de bien trop d’enfants.

 

 

 

/Le Prof

 



30/06/2017
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Ces blogs de Littérature & Poésie pourraient vous intéresser

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 20 autres membres