L'Encyclopédie Fantastique

L'Encyclopédie Fantastique

Démons


L'incube

   Bonjour, bonsoir, et bienvenue dans ce tout premier article de la catégorie Démons Bibliques de l'Encyclopédie Fantastique. Têtes cornues, péchés, diabolisation de dieux païens et bas instincts seront présents tout au long des articles à suivre. Et nous commencerons cette descente aux Enfers avec une créature suspectée d'abuser sexuellement des femmes endormies.

 

 

   Un incube (du latin « incubus » signifiant « couché sur ») est un démon mâle, ou un ange déchu par la luxure, qui s'en prend généralement aux femmes - bien que des attaques sur des hommes aient également été remarquées. Il se glisse dans le lit de sa victime pour "la traiter comme une épouse" nous dit chastement le moine Ernauld, et pèse sur la poitrine de l'endormie jusqu'à parfois l'étouffer. Dans l'antiquité grecque il est connu sous le nom d'éphialtès mais est alors seulement lié au cauchemar. Son association au diable et à la sexualité est réalisée au Moyen-Age par les théologiens, et il devient une version christianisée de Pan. Il apparaît ensuite au cours de l'histoire païenne et chrétienne sous différentes formes. Parfois éthéré, il peut prendre possession d'un corps humain ou animal, voire  de celui d'un autre démon ou d'un esprit. Mais sous sa forme naturelle, il est généralement velu, hirsute. Enfin, comme celui du diable, son sperme est réputé "froid comme de la glace". 

 

477px-Johann_Heinrich_Füssli_053.jpg
Les récits d'attaques d'incubes, véhiculés par la littérature, sont teintés d'une ambivalence à l'égard des sentiments de la victime. Si l'image de l'incube est liée à celle du cauchemar - et dans les récits religieux, à celle d'une terrible honte - il arrive que les victimes se plaisent dans leur rôle. Symboliques, psychanalytiques ou physiologiques, les causes des apparitions d'incubes tiennent à la fois de l'imaginaire et du médical. L'abus d'alcool, les tabous autour de la sexualité, les "sexsomnies" qui sont des troubles du sommeil sexualisés, voire l'épilepsie, sont incriminés. Celles qui se disent victimes parlent d'un mouvement difficile du corps, de torpeur, d’un sommeil anormalement lourd, d’une sensation d’accablement, de sorte qu’elles se sentent suffoquer quand elles dorment.


Les enfants nés d'une relation avec un incube sont courants dans les mythologies ou les folklores, et on leur prête souvent des pouvoirs exceptionnels, ainsi qu'un destin unique. L'empereur Auguste et l'enchanteur Merlin, par exemple, passent pour avoir été engendrés par un incube.


Cauchemar, figure diabolique, père d'enfants d'exception, ou phénomène psychologique, l'incube est encore présent dans la création artistique.

 

 


/Spawy


25/06/2014
2 Poster un commentaire

Le Succube Abrahel

   Bien le bonjour mes très chers amoureux de l'étrange ! Aujourd'hui je vais vous partager la légende d'un succube, l'équivalent féminin de l'incube. Comme l'incube, le succube est un démon qui séduit, et sévit, durant le sommeil des hommes. Il faut noter que les succubes servent Lilith, un démon qui vole le sperme tombé à terre.

 

succube.jpgDans la démonologie chrétienne, Abrahel est donc un démon femelle, apparue en 1581 dans le Limbourg, au village de Dalhem. Voici son histoire :

Pierron, un berger des bords de la Moselle, aimait d'une folle passion une jeune fille de son village, mais il était marié et père d'un fils. Un jour, il s'endormit dans la campagne, l'esprit fortement préoccupé de l'objet de son amour. Or, voilà que la jeune fille lui apparut en songe. "Tu seras heureux, lui dit-elle, mais à condition que tu te livres à moi, corps et âme !"
Pierron, enflammé de désir, consentit à cet infernal pacte et fit de cette apparition démoniaque, qui n'était qu'une copie de l'objet de son amour, son amante. Mais bientôt le démon, qui se faisait appeler Abrahel, montra un peu de coquetterie, et il finit par demander à Pierron, comme preuve de son amour, le meurtre de son fils. Pour cela il lui donna une pomme à remettre au malchanceux.
Le berger soumis au désir que lui inspirait le démon femelle fit manger cette pomme à son fils en détournant les yeux ; l'enfant tomba raide mort. 
Abrahel savait que la douleur du père augmenterait sa soumission. Ainsi lorsqu'il le supplia de lui rendre son fils unique et adoré, le démon qui n'attendait que cette prière, promit à son amant de ressusciter l'enfant mort s'il s'engageait à quitter la religion du "Vrai Dieu" pour les autels de Belzébuth.
Pierron accepta et sur le champ le mort s'agita : il ouvrit les yeux, et progressivement parvint à marcher et parler. Mais il restait blanchâtre et maigre, ses yeux étaient enfoncés, ses mouvements lourds, son esprit stupide. Il portait une puanteur inexprimable. 
Au bout d'un an, le démon qui l'animait quitta le corps avec un grand bruit ; le jeune fils tomba à la renverse, et son corps, infecté d'une odeur cadavéreuse, fut traîné hors de la maison de Pierron, qui l'enterra dans son champ.

 

 


/Spawy


26/06/2014
0 Poster un commentaire

Lilith

   J'avais déjà évoqué son nom dans mon article sur les succubes, il est désormais temps de lui consacrer un article. Mesdames et messieurs, la femme qui commit l'erreur de refuser de se soumettre à l'homme, celle qui fut punie pour n'être pas restée à sa place et qui demeure un symbole de perversion pour avoir revendiqué l'égalité, j'ai nommé : Lilith !

 

lilith_by_isra2007.jpg
Lorsque Moïse reçut la Torah sur le Mont Sinaï, la culture judaïque veut qu'il ait également acquis la Kabbale, une tradition orale et secrète. C'est celle-ci qui présentera Lilith comme la véritable première femme d'Adam, avant Ève. Il ne faut donc pas chercher son histoire dans l'Ancien Testament et la Genèse.
Contrairement à Ève qui arbore une peau très claire et un caractère docile, Lilith est rousse et de peau halée, insoumise et sexuellement libérée. Elle est également dotée d'une grande intelligence mais sensible à la jalousie, ce qui la poussera à tuer les enfants des autres. Elle incarne l’appétit sexuel et le plaisir féminin.


Lilith fut créée par Yahvé, c'est-à-dire par Dieu, en même temps qu'Adam et avec le même argile ; tandis qu'Ève sera conçue à partir d'une côte du premier homme. Elle est donc l'égale d'Adam, d'une manière plus franche et moins sujette à interprétation que ne le sera Eve, et le sachant, elle voulut le dominer pendant l'acte sexuel. Elle refusa de se coucher sous lui lorsqu'il le lui demanda, et une dispute éclata. Adam tenta de la clouer allongée mais Lilith se braqua et des ailes lui poussèrent. Grâce à elles, elle put fuir Adam et le jardin d'Eden où elle vivait, pour se réfugier dans une caverne au bord de la Mer Rouge. 
Adam se plaignit auprès de Yahvé, qui envoya alors trois anges rechercher sa femme. Mais celle-ci refusa de revenir pour être soumise à l'homme. Yahvé la maudit alors et la condamna à voir chacun de ses enfants mourir. Lilith, désespérée, tenta de se donner la mort, mais les mêmes anges, pris de pitié pour elle, vinrent la sauver et lui offrir le pouvoir de tuer les enfants des Hommes. Dévorée par la jalousie et le désir de vengeance, elle s'en prend depuis à ces enfants en trompant la surveillance de leurs mères. Du moins jusqu'à la circoncision ! En effet, ce rituel juif est censé mettre définitivement les enfants à l'abri de Lilith. 

 

lilith-collier.jpgPlus tard dans son parcours, Lilith rencontra le démon Samaël, maître des anges déchus plus connu sous le nom de Diable, et l'épousa. Elle lui fut cependant infidèle et pour se venger, le Diable se tourna vers Ève, l'objet de la plus forte jalousie de son épouse. Il pervertit la seconde femme d'Adam et lui donna Caïn, un enfant qui tuera son propre frère, Abel, après que Yahvé ait préféré l'offrande de ce dernier. Mais avant même la trahison de Lilith, Samaël s'était déjà approché d'Eve, avec la complicité, cette fois-ci, de son épouse. Lilith ayant appris la création d'une seconde femme pour Adam et, malgré tous ses malheurs, en ayant été vexée, avait réussi à persuader le diable de prendre la forme d'un serpent pour faire manger à Ève le fruit défendu : celui de la connaissance du bien et du mal. Cela avait entraîné la déchéance sur Terre d'Adam et elle, punis pour avoir désobéi à Yahvé. Lilith et son époux s'en prirent donc deux fois à Ève, causant tous ses malheurs et par extension, ceux de l'humanité. 
Lilith croisa ensuite le chemin des succubes, qu'elle domina rapidement pour en devenir la reine. Et comme elles, elle se prit à aimer apparaître en songe aux hommes pour exciter leur désir et ainsi récupérer leur semence. Grâce au sperme tombé à terre, elle parvint à se féconder et à enfanter d'horribles démons qui survécurent malgré la malédiction de Yahvé. Elle aurait même volé celui d'Adam. 

 

 


/Spawy


26/06/2014
1 Poster un commentaire

Mammon

   Dans la religion catholique, les sept péchés capitaux, énoncés au XIIIème siècle par Thomas d'Aquin dans sa Somme Théologique et inspirés des passions dénoncées par Évagre le Pontique au IVème siècle après Jésus-Christ, sont l'ogueil, l'avarice, l'envie, la luxure, la colère, la gourmandise et la paresse ou acédie, cette dernière renvoyant à un ennui moral détournant les personnes qui en sont atteintes de la prière. Ils ne sont capitaux que parce qu'ils sont à la source de tous les méfaits, et non parce qu'ils seraient les plus graves d'entre eux. Il s'agit plutôt de vices encourageant à mal agir, que d'actions mauvaises. Vices dont sept démons ou créatures maléfiques passent pour être les victimes et les porte-paroles. Nous en verrons six, la dernière ayant été traitée dans la catégorie Apocalypse et Festin des Justes de ce blog.

Nous commencerons par évoquer Mammon, le démon de l'avarice. Viendront ensuite Asmodée, celui de la luxure ; Satan, celui de la colère ; Lucifer, celui de l'orgueil ; Belzébuth, celui de la gourmandise ; et Belphégor, celui de la paresse. L'envie est quant à elle réservée au Léviathan.

 

 

 5969538_orig.jpg  Mammon apparaît dans le Nouveau Testament seulement et préside aux méfaits que fait commettre l'amour de l'argent. Son nom en araméen signifierait riche, et en hébreu trésor, et ses apparitions dans les textes relèveraient d'une personnification de l'avarice. Il s'oppose à Dieu puisqu'il encourage les hommes à vénérer les possessions matérielles, quitte à devoir tuer et trahir pour elles, et les détourne des questions plus spirituelles. Ses proies les plus faciles sont les individus mécontents de leur sort, envieux de la richesse d'autrui ou hypnotisés par leurs propres biens et refusant d'en partager la moindre miette. "Aucun homme ne peut servir deux maîtres : car toujours il haïra l’un et aimera l’autre. On ne peut servir à la fois Dieu et Mammon." (Matthieu 6 :24). Son culte aurait connu une certaine importance dans la ville de Tyr, au sud du Liban actuel, grande cité de commerçants phéniciens. Mais pratiquement aucune donnée ne permet de le prouver à l'heure actuelle, et faire de Mammon une véritable entité, divine ou démoniaque, plutôt qu'un nom propre désignant l'amour de l'argent, relève d'un parti pris. Balayons allègrement toute précaution et partons du principe qu'il est bien une créature infernale, puisque ce qui nous intéresse ici n'est pas tant la réalité historique des cultes que l'imaginaire collectif.

 

Mammon fait partie des démons majeurs de l'Enfer, même s'il ne peut rivaliser avec ses supérieurs Satan et Belzébuth. Certains en feraient le fils du premier et l'acolyte de Moloch. Il possède deux cornes sur le haut du crâne et des ongles crochus et, bien entendu, il est essentiellement représenté assis sur un coffre rempli d'or, ou tenant fermement des pièces entre ses doigts. On le trouve également chevauchant un loup pour rejoindre le monde terrestre.

 

 

 

/Spawy

 


17/01/2017
0 Poster un commentaire

Asmodée

king_asmodeus_by_weremagnus-d4ab7uj.jpg   Dîtes bonjour à notre deuxième démon pécheur. Il a un nom charmant, il aime la luxure, le jeu, et pis que tout... Il est prof de maths !

 

Asmodée est un démon de la Bible présent comme nombre de ses semblables dans les croyances de la goétie, la science occulte des invocations démoniaques. Son nom pourrait provenir du perse Asmuden qui signifie "tenter", ou de l'hébreu Schâmad qui signifie "perdre". Mais il est également possible qu'il soit la déformation du nom du démon iranien Aešma-daeva, "celui qui fait périr".

 

Il apparaît dans le Livre de Tobie, III.8, livre deutérocanonique - c'est-à-dire qu'il est reconnu par l'Eglise Catholique mais non par la religion juive - de l'Ancien Testament qui relate les aventures de Tobie, fils de Tobit. Alors qu'il suit les indications de l'archange Raphaël, Tobie rencontre Sara, femme tourmentée par Asmodée qu'il lui est ordonné de prendre pour épouse. Il apprend alors que le démon a déjà tué sept des fiancés de Sara le jour de leurs noces. Et en effet, Asmodée a un faible pour les femmes et ne supporte pas qu'elles se marient (c'est pas beau, la jalousie !), ce qui ne l'empêche pas d'être extrêmement infidèle lorsqu'il en prend une pour compagne, ni de tourmenter les pauvres religieuses qui ont fait voeu d'abstinence. Asmodée n'est pas l'ange déchu qui préside à tous les péchés de la luxure pour rien. Il est d'ailleurs accompagné de deux démons familiers qui portent comme lui ce caractère libidineux, Grésil et Amant. Lorsqu'il tombe finalement sur lui, l'archange Raphaël s'en saisit et l'enchaîne au fond du désert d'Egypte, libérant ainsi Sara pour l'offrir à Tobie (quel bon pote, ce Raphaël !).

 

Selon certaines version, Asmodée serait également le célèbre serpent qui séduit Eve dans la Genèse, mais plusieurs de ses confrères démoniaques reçoivent cet insigne honneur. Ce qui semble plus assuré, c'est qu'Asmodée était un Chérubin avant de se révolter contre Dieu et de chuter vers les Enfers. Il en est aujourd'hui le surintendant et le gardien des maisons de jeu. Il y enseigne à ses pairs la géométrie, l'arithmétique, l'astronomie et l'artisanat, quand il ne s'amuse pas à conférer le pouvoir d'invisibilité aux hommes suite à des pactes inégaux.

 

On le décrit souvent comme muni de trois têtes, dont une de taureau, une de bélier et une d'homme. Il possède également une queue de serpent et des pattes d'oie.

 

 

 

/Spawy


11/06/2015
2 Poster un commentaire

Satan

   Satan, ou Shaïtan en arabe, incarne à lui seul le Mal et la Tentation. Issu d'une racine sémitique, le mot signifie «se comporter en adversaire, s'opposer à». Il serait le serpent qui tenta Eve dans le Jardin d’Eden, ou l’instigateur de la fabrication du veau d’or (Pour ceux qui ne connaissent pas cet épisode biblique, sachez que, lorsque Moïse monta sur le Mont Sinaï pour y récupérer les Tables de la Loi, les hébreux nouvellement libérés firent fondre l’or qu’ils portaient sur eux afin de créer une idole en forme de veau. L’adoration d’idoles étant justement interdite par les commandements divins que Moïse rapportait joyeusement de la montagne, le prophète entra dans une colère noire et brisa les Tables de la Loi avant de faire exécuter les hérétiques. Comme le dirait l’une de mes profs : « Moïse s’est fait faire un petit veau dans le dos », et il n'a pas apprécié cela).

Selon la religion chrétienne, Dieu créa des anges dotés du libre arbitre et l’un d’eux, usant de sa capacité de décision et enviant la place de son créateur, se rebella. Il poussa Eve, la compagne d’Adam, à goûter le fruit de la connaissance, bravant l’interdiction qui lui en avait été faite. Si l'on s'en réfère à la religion juive et plus précisément à la Kabbale, le nom de cet ange était Samaël et il fut aidé dans ses mauvaises actions par sa compagne Lilith. Pour cela, il fut précipité dans l’abîme et son corps changea. Un poème de Victor Hugo illustre cette métamorphose :

 


Tout à coup il se vit pousser d’horribles ailes ;
Il se vit devenir monstre, et que l’ange en lui
Mourait, et le rebelle en sentit quelque ennui.
Il laissa son épaule, autrefois lumineuse,
Frémir au froid hideux de l’aile membraneuse,
Et croisant ses deux bras, et relevant son front,
Ce bandit, comme s’il grandissait sous l’affront,
Seul dans ces profondeurs que la ruine encombre,
Regarda fixement la caverne de l’ombre.


(Victor Hugo, La Fin de Satan)



Samaël, devenu Satan après sa déchéance, décida de se venger de Dieu en proposant aux hommes de réaliser leurs désirs à condition qu'ils renient leur créateur. Il recruta quelques anges qui, comme lui, devinrent démons, et il les commanda. Grâce à son armée, il devint l'Adversaire, le principal rival de Dieu. Jésus, dans l’Evangile selon Saint Marc, lui demanda son nom, et il lui répondit : « Mon nom est légion, car nous sommes beaucoup ».

 

satan-the-devil1.jpg
Les Evangiles désignent Satan sous les divers noms de Diable, de Malin, de Bélial ou de Belzébuth, ce qui rend parfois confuse son identification précise. Bélial et Belzébuth sont plus fréquemment perçus comme des démons à part entière que comme différentes versions du diable. Le Talmud et la Kabbale quant à eux parlent de Samaël, qui signifie « Dieu-Poison ». Satan est fréquemment associé à Lucifer, également, mais ce nom n’est pas clairement employé par l’Ancien ou le Nouveau Testament pour le désigner.  

Le judaïsme de la Torah n’accorde pas de réalité à Satan mais lui préfère le concept « du satan », dont le rôle est d’éprouver les hommes pour donner plus de poids à leurs réussites. Il s’agit d’une fonction remplie par un ange et surveillée de près, et non d’un véritable adversaire de Dieu. En effet, dans le Livre de Job, le satan se propose de tester la foi de Job, qui est alors le plus fervent fidèle de Dieu, et ce dernier l'y autorise.

 

 

Le jour où les Fils de Dieu venaient se présenter devant Yahvé, le Satan aussi s’avançait parmi eux. Yahvé dit alors au Satan : « D’où viens-tu ? » — « De parcourir la terre, répondit-il, et de m’y promener. » Et Yahvé reprit : « As-tu remarqué mon serviteur Job ? Il n’a point son pareil sur terre : un homme intègre et droit, qui craint Dieu et s’écarte du mal ! » Et le Satan de répliquer : « Est-ce pour rien que Job craint Dieu ? Ne l’as-tu pas entouré d’une haie, ainsi que sa maison et son domaine alentour ? Tu as béni toutes ses entreprises, ses troupeaux pullulent dans le pays. Mais étends la main et touche à tout ce qu’il possède ; je gage qu’il te maudira en face ! » — « Soit ! dit Yahvé au Satan, tout ce qu’il possède est en ton pouvoir. Évite seulement de porter la main sur lui. » Et le Satan sortit de devant Yahvé.


(L’Ancien Testament, Le livre de Job)



Satan peut aussi bien être perçu comme un démon réel et tentateur que comme une allégorie de la mauvaise nature des hommes. Selon certains, il représenterait ce penchant au mal contre lequel chacun doit lutter...

 

 


/Spawy


20/03/2016
2 Poster un commentaire

Belzébuth

   Difficile de ne pas connaître son nom, puisque Belzébuth bénéficie d'une réputation à la hauteur de celle de son homologue Satan. Découvrons ensemble ce nouveau démon biblique.

 

Beelzebub.pngLe nom de Belzébuth est composé du terme hébreu baal, qui signifie seigneur, maître, propriétaire ou parfois époux et qui était employé depuis le troisième millénaire avant Jésus-Christ jusqu'à l'apparition de la religion chrétienne pour désigner les dieux, et, selon les versions, du terme zebul ou zebûb, le premier signifiant prince et le second mouches. Belzébuth serait donc pour ses adorateurs le maître des princes, et pour ses détracteurs, le maître des mouches. Originellement dieu du monde sémite vénéré à Éqron, en actuelle Israël, il est diabolisé avec l'apparition du christianisme, à l'instar de tous les autres Baal. Il est d'abord évoqué en tant qu'objet de culte dans le Second livre des Rois de l'Ancien Testament, puis comme démon de grande importance dans tout le Nouveau Testament.

 
Belzébuth est l'une des têtes couronnées de l'Enfer, destinée à détrôner Satan et souvent accompagnée d'Astaroth, qui lui sert de trésorier et d'allié. Maître de tout ce qui vole, on le trouve parfois surnommé "Seigneur des mouches". Un nom initialement moqueur, destiné à le ridiculiser, qu'il a transformé en titre de noblesse en prenant pour serviteurs tous les insectes ailés, auxquels il commande en adoptant la forme de l'un d'entre eux, ne s'en différenciant que par la taille. Se faisant passer pour un dieu auprès des hommes, afin d'entrer en concurrence avec le véritable Dieu, il parvient à obtenir qu'on le vénère en plusieurs lieux, ce qui lui confère un pouvoir considérable. Sa force est d'encourager les désirs insatiables et de faire miroiter des possessions imaginaires. Tentateur et capable de prendre n'importe quelle apparence afin de mettre en confiance ses victimes, il est le démon de la gloutonnerie.

 

Belzebuth-l.jpgSon apparence est entrée dans l'imaginaire collectif comme celle que l'on associe le plus facilement aux démons. De très grande taille, il a le corps recouvert de longs poils noirs. Son crâne est ceint de deux cornes de bouc et d'un bandeau de feu, et son dos se prolonge par deux immenses ailes de chauve-souris. Il possède deux pattes en guise de pieds, qui peuvent être celles d'un bouc ou d'un canard selon les textes, et une queue de lion. Son visage est bouffi et ses yeux ardents, ses narines épaisses et larges et sa poitrine gonflée. Quand il est en colère, il est capable de vomir des torrents de flammes. Et puisqu'il passe pour commander aux légions infernales, il est fréquemment représenté trônant sur un énorme siège.

 

Il s'agit donc d'un démon majeur, particulièrement impressionnant et vicieux, qu'il vaut mieux ne pas croiser.

 

 

 

/Spawy


16/01/2017
0 Poster un commentaire

Belphégor

220px-Belphegor.jpg

   C'est aujourd'hui le démon de la paresse, du refus de remplir ses obligations, que nous allons découvrir.

 

Belphégor, que l'on trouve également sous le nom de Baalphégor, Baal signifiant simplement dieu en hébreu, était initialement une divinité moabite. L'ancien royaume de Moab se situait selon les textes bibliques sur la rive orientale du Jourdain, et fut traversé par le peuple hébreux suite à sa sortie d'Egypte. Ce voyage se changea en épreuve quand, mené par Moïse, il se heurta au culte de Belphégor sur le mont Phégor et sombra dans la débauche, encouragé par les séduisantes filles du royaume. 


Belphégor fit ainsi son apparition dans la démonologie chrétienne comme objet de culte cherchant à dévier les fidèles de la véritable foi. Monstre hideux, il arbore une paire de cornes et une longue barbe. Les ongles de ses mains et de ses pieds sont acérés et il est souvent représenté la bouche ouverte, ce qui peut expliquer son nom, Phégor signifiant crevasse ou fente. De manière surprenante, il siège sur une chaise percée, l'ancêtre de nos toilettes (Il passe sa vie sur le trône, quoi) et passe pour réclamer les excréments de ses fidèles. 

 

S'il fait partie des sept démons associés aux péchés capitaux et représente celui de la paresse, Belphégor est avant tout le démon des découvertes et des inventions ingénieuses. Prenant le corps d'une jeune et belle femme, il séduit les hommes en leur promettant un enrichissement facile et les fidélise à son culte en leur inspirant des idées géniales.

 

 


/Spawy


12/04/2015
0 Poster un commentaire

Lucifer

   C'est par l'orgueil, dont il a lui-même été la victime, que Lucifer tente les hommes.

 

Comme Satan, il était un ange avant de choir dans les ténèbres. Au sommet de la hiérarchie angélique, il avait été baptisé Porteur de lumière, en raison de sa haute compréhension de la volonté divine. Doté d'une beauté éclatante et d'un total libre arbitre, il avait pour mission de transmettre à ses congénères l'intelligence de Dieu, et il tirait de cette haute fonction une grande fierté. Il condamnait par ailleurs la rébellion orchestrée par Samaël, devenu Satan depuis sa déchéance. Mais la décision de Dieu de se faire homme, de naître de la femme et de se sacrifier sur la croix lui parut incompréhensible. Lui qui admirait son créateur ne supporta pas de le voir descendre sur Terre pour sauver une espèce pécheresse, et le doute s'installa en son coeur, pour enfler jusqu'à devenir une question terrible : et si Dieu était en train de commettre une erreur ?

 

Progressivement, la dévotion de Lucifer s'affaiblit. Il ne parvenait plus à accepter chacune des décisions divines comme nécessaire et incontestable, et l'idée qu'il puisse être plus intelligent que Dieu commençait à germer dans son esprit. Il se voyait beau, il se voyait brillant, et il se voyait respecté par les autres anges, alors il se crut plus puissant que son créateur. Comme il était libre et bénéficiait de la confiance de Dieu, Lucifer prit un jour la décision de quitter le jardin d'Eden et de former un groupe d'anges indépendants. Mais à l'instant où il quitta la protection divine, son corps changea. Ses cheveux se changèrent en serpents mouvants, des ailes noires de chauve-souris lui poussèrent et son si beau visage devint laid.

 

"Te voilà tombé du ciel, astre brillant, fils de l’aurore !

Tu es abattu à terre,toi, le vainqueur des nations !

Tu disais en ton coeur : je monterai au ciel, j’élèverai mon trône au-dessus des étoiles de Dieu;

Je m’assiérai sur la montagne de l’assemblée, à l’extrémité du septentrion;

Je monterai sur le sommet des nues, je serai semblable au Très-Haut."

(Esaïe 14:12-14)

 

 

De Porteur de lumière il passa à Prince des Ténèbres, et on éleva Jésus-Christ comme le seul véritable porteur de lumière. Cette insulte à sa grandeur excita sa haine. Il décida alors de se venger de Dieu, qu'il ne voyait plus que comme un tyran l'ayant injustement humilié, en encourageant les hommes à agir comme il l'avait fait. Il aiguisa leur orgueil dans l'espoir de jeter à bas le Tout Puissant et s'allia à Satan, pour l'instant sans succès. Il fomente encore inlassement des plans pour reprendre le Paradis dont il fut chassé.

 

 

 

/Spawy

 


11/03/2017
0 Poster un commentaire

Abaddon

   Abaddon, son nom est Abaddon. Bonsoir, c'est le Vagabond qui vous parle. Encore une fois je viens vers vous partager le peu de connaissances que m'ont offert mes pérégrinations. Aujourd'hui les enfants, c'est théologie. Ca faisait longtemps que je voulais parler de mythologie biblique avec vous, voici l'occasion de faire de l'ombre à Spawy et de faire éclater au grand jour une vérité : moi aussi, j'aime bien les créatures bibliques.

Bon, asseyez vous, prenez un crucifix et surtout, silence, le premier qui parle me recopie trois fois l'ancien testament.

 

Alors, Abaddon, que dire si ce n'est que vous ne l'aimez pas, sans même le connaitre. Son nom signifie à la fois "destructeur", "destruction", "ruine" et "perdition" en hébreu (אבדון). Il a un équivalent grec qui se dit Apollyôn (et oui, c'est bien Apollon) mais ce nom est sans doute un des nombreux stratagèmes religieux pour diaboliser les autres dieux au profit de sa religion, alors on oublie vite.
Il est l'ange de l'apocalypse, celui qui apporte l'extermination. Selon la Bible, quand le cinquième ange sonnera la trompette, l'étoile absinthe tombera du ciel, et en frappant le sol, ouvrira l'abîme, libérant d'innombrables créatures difformes, des nuées de locustes, et à leur tête, Abaddon, l'ange de l'abîme.

 

Apocalypse 9 : 11 :
"Elles ont à leur tête, comme roi, l'ange de l'abîme, qui se nomme en hébreu Abaddon, en grec Apollyon." (Crampon)

"A leur tête, comme roi, elles ont l'Ange de l'Abîme ; il s'appelle en hébreu : "Abaddôn", et en grec : "Apollyôn". (Jérusalem)

 

Le jour où l'abîme s'ouvrira, la mort fuira les hommes, et eux, chercheront désespérément à mourir. Mais ils ne trouveront pas le repos du trépas.

 

Abaddon's_Taint_large.jpg

 

Visuellement, il est difficile de trouver une représentation stable d'Abaddon, tantôt femme, tantôt homme, parfois humain, parfois abomination eldritchienne (coucou!) il est souvent difficile d'en trouver une représentation historique, alors je vous laisse en illustration une vue d'artiste censée représenter, à mon sens, ce dont son apparition est synonyme.

 

Ange, dieu grec, démon, abomination, créature détournée de fiction, il aura revêtu nombreuses formes, mais il restera toujours un point commun entre toutes ses incarnations : la sensation de peur, et de dévastation globale qui accompagne son nom, car son nom est destruction, et il est l'ange infernal de l'abîme.

 

Alors soyez sage.

 

 

 

/Un Vagabond Immobile


17/03/2016
0 Poster un commentaire