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France


Le Loup-Garou, ou Lycanthrope

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   Le mythe du loup-garou est sans doute l'un des plus célèbres de l'Histoire, et l'un des plus tenaces. La croyance, ou le souhait inavoué, d'être physiquement et mentalement proche des grands carnassiers est si profondément ancrée dans le psychisme de l'être humain que cette légende est loin de s'éteindre. Aujourd'hui encore il existe des personnes convaincues de se changer en loup. 

 

Le terme de "Garou" est dérivé du francique "Werwolf", qui se rapproche de l'anglais "Werewolf". Mais les loup-garous sont également connus sous l'appellation "Lycanthropes", qui elle dérive du grec. La lycanthropie est la capacité, choisie ou reçue des suites d'une malédiction, de se transformer en gigantesque loup. Elle est présente dans les mentalités depuis l'Antiquité Grecque (Hérodote raconte en 400 avant J.C. comment un peuple d'Europe centrale se transformait en loup deux jours par an) mais se généralise en Europe autour du Moyen-Âge, grandissant dans un climat fertile de méfiance envers les loups. Les attaques de loups enragés sont alors un phénomène épisodique mais généralisé, qui fait naître dans l'imaginaire collectif un lien entre cet animal et le diable. Bien avant la crainte de la Bête du Gévaudan, c'est donc la peur des loup-garous qui se répand. Ainsi, entre 1500 et 1700, environ cent mille personnes sont condamnées comme loup-garou et brûlées vives en Europe. 


Ce fut le cas de Peter Stubbe, un fermier allemand. En effet, à la fin du XVIème siècle, un loup féroce dévastait la région de Cologne et Bedbourg, et la bête laissait sur son passage des membres sanglants d'hommes, de femmes et d'enfants (attention aux âmes sensibles). En 1590, l'animal fut capturé alors qu'il tentait de mordre au cou une fillette et l'on découvrit alors à la place d'un canidé, un homme. Peter Stubbe avoua alors s'être adonné à la magie noire et avoir reçu du diable une ceinture en beau de bête qui lui offrait le pouvoir de se changer en un loup féroce et avide de sang. Pendant des années il avait massacré des chèvres, des moutons, mais surtout avait tué et dévoré quatorze enfants et deux femmes enceintes. L'un des enfants était son propre fils. Peter Stubbe fut condamné à mort pour lycanthropie, cannibalisme, meurtre et inceste, et subit une suite de tortures qui se voulaient à l'égal de celles qu'il avait infligées à ses victimes en leur arrachant le cœur et en dévorant leur cerveau. Il subit le supplice de la roue, fut écorché vif, et vit ses membres cassés à coups de maillet. Il fut finalement décapité et brûlé avec sa fille et sa gouvernante, avec lesquelles il avait eu des rapports sexuels. 


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Selon la croyance la plus répandue, le loup-garou est un homme ou une femme qui subit à chaque pleine lune une transformation totale en loup. Mais il existe quelques variantes. Si le lycanthrope peut être simplement un loup de très grande taille, il peut également être cynocéphale (conserver un corps humain mais arborer une tête de loup) ou se tenir debout sur ses deux pattes arrières. Il est également possible qu'il n'ait pas de queue. Mais dans chacune de ces versions différentes, le lycanthrope reste fou de chair fraîche, dangereux, et possède force et agilité. 
Il existe un grand débat autour du lien entre la forme loup et la forme humaine du loup-garou, la question étant la suivante : les blessures que subit le loup affectent-elles l'être humain ? Les partisans du phénomène de répercussion sont d'avis que oui. En revanche pour d'autres, la forme loup n'est qu'un double de l'homme qui ne peut en aucun cas l'affecter. L'homme resterait allongé tandis que son âme s'emparerait du corps d'un animal. 

L'acquisition du pouvoir de transformation peut être volontaire ou non. Elle est souvent désignée comme l'oeuvre du diable, et si certains subissent ses malédictions et se transforment en fonction de la lune, d'autres en appellent expressément à lui dans le but de satisfaire leur désir de chair humaine. Suite à un rituel satanique, le futur loup-garou reçoit une peau complète ou une ceinture en peau de loup qu'il lui suffit de revêtir après avoir abandonné ses vêtements humains. Pour reprendre sa forme humain, le loup-garou doit retrouver ces vêtements et se changer. 
Pour guérir un loup-garou de cette nature il suffit de trouver et brûler la peau ou la ceinture. En revanche pour les personnes maudites, un exorcisme est nécessaire. C'est donc avant tout le feu et la foi qui sont utilisés dans la lutte contre les lycanthropes, la célèbre sensibilité du loup-garou à l'argent et aux crucifix n'étant qu'une invention récente ! En effet, elle n’apparaît qu'au XIXème siècle.

 

 


/Spawy


17/07/2014
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La Garache

garache.jpg   La garache est une version féminine du célèbre loup-garou qui appartient au folklore français. En Vendée et dans le Poitou elle est une femme ayant commis un crime qui, durant la nuit, se verra prendre l'apparence d'une louve. Son châtiment durera plus ou moins longtemps en fonction de la gravité de l'acte qui en est la cause. Contrairement aux loup-garous mâles qui conservent sous forme humaine les blessure infligées au loup, les garaches reprennent leur apparence originelle en cas de blessure. Faire couler leur sang est donc le moyen le plus sûr de congédier le mal, et pour cela rien de meilleur que les armes bénies.

 
A Aizenay on raconte qu'un homme ayant souhaité suivre sa femme, garache, s'était enduit de graisse magique et avait prononcé une formule censée le mener à elle. Il se trompa légèrement dans la prononciation et atterrit dans un buisson d'épines, sous forme de loup. Mais en voyant sa femme sauter une rivière d'un bond, il eut le malheur de s'écrier "Jésus !", formule qui lui retira sa forme magique et l'obligea à rentrer à pied.

 

 


/Spawy


26/06/2014
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La Bête du Gévaudan

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   Aujourd'hui nous allons trembler un peu avec un mythe célèbre entourant une suite de meurtres.


Entre le 30 juin 1764 et le 19 juin 1767, plus d'une centaine d'attaques mortelles sont recensées dans le nord du Gévaudan, qui correspond à la Lozère actuelle. Cette série de meurtres dépasse bien vite le statut de fait divers et, puisqu'elle met en péril l'image du pouvoir absolu de Louis XV, mobilise les troupes royales. Homme, loup dressé pour l'attaque, ou homme-loup : toutes les hypothèses au sujet de l'assassin se développe. Certains parlent même de châtiment divin. La psychose s'empare des habitants jusqu'en Auvergne, où le coupable semble se rendre après avoir été chassée du Gévaudan par des battues. Une centaine d'articles sont publiés en quelques mois au sujet de "la Bête du Gévaudan".


Avant la fatidique date du 30 juin qui verra une jeune fille de quatorze ans perdre la vie, plusieurs attaques non mortelles sont déjà déclarées. Les témoins et les victimes parlent alors d'un animal de la taille d’un très gros loup, couleur café brûlé avec une barre plus foncée sur le dos, les flans rouges, le ventre d’un blanc sale et la tête fort grosse, ayant de plus la queue couverte de poil, plus longue que celle d'un loup, et retroussée au bout. L'animal planterait ses crocs dans les bras ou dans la nuque de ses victimes.

Après le 30 juin, les décès se multiplient sans que les soldats du Roi ne puissent rien et partout où la Bête passe, des cadavres décapités sont retrouvés. La coupure de leur tête est toujours franche et précise, et certains corps sont dénudés. Le 31 décembre 1764, l'évêque de Mende et comte de Gévaudan lance un appel aux prières et à la pénitence, arguant que la Bête est la main de "la justice de Dieu". Mais le 12 janvier 1765, elle s'en prend à nouveau à sept enfants qui font alors preuve d'un grand courage en se défendant à coups de lame, et parviennent à la repousser. Les attaques donnent également lieu à un autre acte de bravoure le 11 août, lorsque "la Pucelle du Gévaudan" comme elle sera surnommée, parvient à planter une lance dans le ventre de la Bête. Une Bête qui semble immortelle.


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En septembre 1765 François Antoine, lieutenant des chasses de Louis XV et meilleur fusil du royaume, amène la dépouille d'un immense loup à Versailles. Officiellement alors, la chasse à la Bête du Gévaudan cesse, et François Antoine obtient le droit de porter un loup mourant dans ses armes. Pourtant, il sera révélé des dizaines d'années plus tard que le lieutenant avait manigancé de toutes pièces cette soi-disant traque de la Bête, après avoir repéré un gros loup qui pouvait faire l'affaire.
Les meurtres reprennent jusqu'au 19 juin 1767, jour où Jean Chastel tue un second animal d'un coup de fusil. Celui-ci pèse 109 livres et arbore un crâne plus large que celui d'un loup, ainsi qu'un museau plus court. Passée cette date, plus aucune attaque de la Bête n'eut jamais lieu, et huit jours après la mort de la Bête, sa louve fut elle aussi abattue par Jean Terrisse.

 

 


/Spawy


26/06/2014
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La Vouivre

   La vouivre et la wyvern, que l'on peut rapprocher comme étant les versions françaises et anglaises de la même créature, différent cependant en un point : notre vouivre, à l'inverse de sa cousine, ne possède pas de pointes hérissées sur la queue. Leurs figures respectives ont été rappelées à la mémoire par le jeu de rôle Donjons et Dragons ou le jeu vidéo Final Fantasy. 

 

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La vouivre fait partie intégrante du patrimoine français depuis le XIIème siècle. Elle est décrite comme un serpent d'eau, possédant deux pattes, deux ailes et pas de bras, ce qui la différencie de ce à quoi elle est trop souvent comparée : le dragon. Cependant comme lui, elle est une gardienne de trésor. Sa cachette est souterraine, et on ne peut donc apercevoir cette créature lavant ses ailes brillantes au bord de l'eau qu'une fois l'an, lorsqu'elle sort s'abreuver et pêcher dans les lacs ou les rivières. A cet instant particulier, elle pose dans les roseaux son escarboucle, c'est-à-dire une gigantesque pierre précieuse qu'elle porte sur le front. Cette escarboucle est dans les légendes jurassiennes l'œil unique de la vouivre. Bien évidemment, elle fascine les hommes dans toutes les légendes, et parfois ceux d'entre eux qui parviennent à s'en emparer apprennent qu'elle possède le pouvoir de changer le fer en or. Il arrive que la vouivre crache le feu, mais elle est avant tout associée à l'eau.

 
vouivre du temple.jpgLe roman de Marcel Aymé La Vouivre transforme légèrement la figure de cette créature, sans pour autant trahir sa nature. Car déjà en Vendée la vouivre était décrite comme une forme longue, hésitant entre la femme et l'anguille. Ainsi dans son œuvre, l'auteur en fait une jeune femme, portant sur son front un énorme rubis.

 

 


/Spawy


26/06/2014
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Les Korriganed

   L'appellation Korrigan regroupe les Poulpiquets, Ozégans, Kornandons et autres Kornikaneds issus du floklore breton. Le Korrigan est bien souvent assimilé au lutin voire surnommé le "lutin de Bretagne", et pourtant, étymologiquement il est rattaché au nain. En effet les préfixes bretons corr- et korr- désignent les nains, et le terme korrigan signifie "petit nain". Son pluriel est Korriganed.

 

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Hauts d'une à deux coudées, les Korriganed sont souvent dotés d'une longue chevelure et d'yeux rouges, mais ils apparaissent parfois noirs et velus avec une grosse tête laide et ridée, le tout coiffé de chapeaux plats entourés de rubans de velours. On les retrouve dans les grottes, dans les dolmens, ou dans les sources et les fontaines. Ils naissent et meurent sous terre, où ils gardent de fabuleux trésors. Certaines légendes leur prêtent un talent d'alchimie qui expliquerait cette fortune. Mais comme les leprechaun, ils sont avares et susceptibles, ce qui implique qu'ils ne partagent leurs pièces qu'en cas très exceptionnel. En revanche ils sauront se montrer généreux envers ceux qui leur feront montre de respect.

 

korr.gifPeu actifs en hiver, ils danseraient autour d'un feu, sur les prés et dans les sous-bois, dès la venue du printemps. Ce sont eux qui laissent les ronds de sorcière, cercles formés de champignons qui croissent de 20 à 40 centimètres par an. Si un homme les dérange lors de ces cérémonies, les Korriganed lui proposent un défi qui, s'il est réussi, l'autorise à formuler un voeu. Mais en cas d'échec, l'homme est mené dans une prison souterraine sans espoir de délivrance. Dans la nuit du 31 octobre les Korriganed rôderaient à proximité des dolmens pour entraîner les vivants dans le monde souterrain, afin de venger les morts. Cette tradition les rattache bien sûr à Halloween, anciennement fête du nouvel an celtique. 

Il existe également des Korriganes, qui sont de jolies fées, mais malfaisantes. 

 

 


/Spawy


26/06/2014
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La Tarasque de Tarascon

   Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi la commune de Tarascon portait ce nom ? Non ? Hé bien tant pis, je vous l'expliquerai quand même.

 

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De la taille d'un boeuf, la Tarasque amphibie est un animal du folklore provençal qui sévissait au Moyen-Âge dans les marécages entourant Tarascon. Elle guettait les bateaux circulant sur le Rhône et les voyageurs imprudents dont elle se repaissait depuis le rocher où se dresse aujourd'hui le château de Tarascon. Classée parmi les dragons et les descendants du Léviathan, elle arborait une tête de lion rappelant par certains aspects le visage d'un vieillard, six pattes formées comme celles des ours, une carapace de tortue et une queue écailleuse de serpent terminée par un dard de scorpion. Jacques de Voragine dans la Légende dorée de 1266 la décrivit ainsi : « Il y avait, à cette époque, sur les rives du Rhône, dans un marais entre Arles et Avignon, un dragon, moitié animal, moitié poisson, plus épais qu'un bœuf, plus long qu'un cheval, avec des dents semblables à des épées et grosses comme des cornes ; il se cachait dans le fleuve d'où il ôtait la vie à tous les passants et submergeait les navires. ».


Un jour, une jeune fille originaire de Béthanie vint évangéliser la Basse-Provence et recueillit la confiance des habitants de Nerluc, une petite bourgade profondément meurtrie par les attaques de la Tarasque. Elle se nommait Sainte Marthe. Suppliée par les habitants de Nerluc, Sainte Marthe prit la ferme décision de combattre le monstre. Elle le rencontra dévorant un berger et l'aspergea d'eau bénite, ce qui eut pour effet de dompter la Tarasque qui se coucha à ses pieds. Elle enserra son cou de sa ceinture et la mena en laisse jusqu'au village, où les habitants stupéfaits commencèrent à frapper le dragon qui les avait malmenés durant des années. Sainte Marthe les pria de lui laisser la vie sauve mais il était impossible de contenir la fureur de la foule, et la Tarasque fut tuée.

 

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Depuis ce jour, Nerluc devint Tarascon, en souvenir de la Tarasque. Chaque année y sont célébrées des festivités, le jour de la fête de Marthe, au cours desquelles est fabriqué un char à l'effigie de la défunte Tarasque. Celles-ci étaient initialement destinées à exorciser le mal qui causait les débordements du Rhône, mais aujourd'hui, il s'agit d'un évènement avant tout touristique.

 

 

 

/Spawy


05/09/2014
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La fosse au dragon de Mézières

   Je m’en reviens d’une semaine de vacances chez ma famille de Haute-Marne et une idée brillante m’a traversé l’esprit : pourquoi ne ferais-je pas un article sur un mythe du 52 ? Pas de bol, à part la légende de la Vingeanne (qui ne cause pas du tout de créatures fantastiques), la Haute-Marne ça pue un peu des sphincters. Autre idée brillante, regarder les légendes de la région ! Je me suis arrêté sur une légende des Ardennes (qui me tient à cœur vu que j’y ai passé ma prime enfance). Je m’en vais donc vous conter l’histoire de la fosse au dragon de Mézières. Je vais même vous conter les deux variantes de la légende.


Vers la fin du XII° siècle, Mézières est une petite bourgade tranquille près de Charleville (ce qui donnera plus tard la préfecture ardennaise de Charleville-Mézières) bordant la Meuse. En l’église collégiale de Mézières, un chanoine se serait pris de curiosité pour les secrets de la nature. Sa curiosité et ses expériences l’amenèrent à créer un petit ver de terre, dans le but qu’il vive longuement. Il mit le ver dans une petite fiole et le nourrit normalement. Plus le temps passait, plus le ver grossissait. Et d’une fiole, il le mit dans une plus grosse fiole, un gobelet et ainsi de suite jusqu’à ce qu’il dut le mettre dans un tonneau. Bien sûr, le chanoine avait gardé son expérience au plus grand secret, quand bien même son ver ressemblait plus à un serpent et continuait de manger et de grossir. Plus il grossissait, plus la curiosité du chanoine augmentait. Jusqu’au jour où il dut enfermer la chose dans une cage en métal de la taille d’une pièce entière. Son secret fut trahi lorsque son serpent devint un dragon, crachant le feu et à l’haleine empoisonnée. Le poison qu’il répandait dans toute la cité fit de nombreux morts et le chanoine fut forcé d’avouer ses expériences. On décida alors de noyer le dragon dans la Meuse. Ce ne fut pas chose aisée et nombre de braves périrent dans cette tâche, quand bien même il n’y avait que peu de distance à parcourir. On dit que le dragon creusa alors aussi profondément qu’il pût le lit de la Meuse pour s’échapper. Mais il se noya. Le chanoine, lui, s’enfuit par peur de représailles. Et c’est pourquoi il y a un renfoncement dans la Meuse, près de Mézières.

 

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La seconde version part toujours de la même époque. Il y a toujours un chanoine, mais il n’est pas une quelque sorte d’alchimiste, il est pis que ça : il est amoureux ! (cris d’horreur dans la foule). Mais ce n’est pas le pire, car il est amoureux… d’une none ! (re-cris d’horreur dans la foule). Mais ce n’est toujours pas le pire puisque les deux religieux s’aiment d’un amour réciproque et qu'ils forniquent jusqu’à avoir un enfant ! (aidez la mamie qui fait un syncope dans le fond). Mais Dieu n’étant pas forcément content que deux êtres qui devraient lui être entièrement dévoués lui fassent un bon gros doigt, il transforme la progéniture bâtarde de la none en un monstre qui va, dès sa naissance, dévorer des humains. Il va grossir et devenir un dragon. La fin de l’histoire est grosso-merdo la même, sauf qu’on ne sait pas ce que deviennent la none et le chanoine.

Alors, qu’elle est votre version préférée ? Celle en mode « Fullmetal Alchemist » ou celle en mode « Les Feux de l’amour » ? 
L'image est une photo des vitraux de l'église de Charleville-Mézières. Ce n'est pas un trucage, cette légende fait bien partie de l'histoire de la ville et de la région au point de la mettre en vitraux dans l'église même d'où part la légende.

 

Sur ce, je vous embrasse bien fort.

 

 


/Le Prof


19/08/2015
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Le Dahu

220px-Dahu_by_Philippe_Semeria.jpg   Les autres pays ont des créatures effrayantes... Nous, on a le Dahut (ou Dahu). C'est parti pour une tranche de franche rigolade à la campagnarde.

 

Le Dahut change de nom selon les régions, pour devenir le Dairi dans le Jura, le Darou dans les Vosges, ou encore le Darhut en Bourgogne, mais quelle que soit sa désignation, il présente toujours les mêmes caractéristiques. Animal sauvage vivant sur les pentes des montagnes, il possède deux pattes latérales plus courtes que les deux autres, afin de pouvoir marcher sur les flancs pentus des montagnes en restant parfaitement droit. Ce résultat de nombreuses années d'évolution dans les régions montagneuses comporte néanmoins un inconvénient : le Dahut (ou Dahu) ne peut avancer que dans un sens. Ben oui, s'il faisait demi-tour, ses pattes courtes se retrouveraient du côté de la pente, et patatras...

Il existe deux sous-espèces de cet animal mal foutu : le Dahut possédant des pattes gauches plus courtes et le Dahut aux pattes droites raccourcies. Très logiquement, il ne leur est possible que de tomber nez à nez ou cul à cul, et pas de se suivre à la file indienne. Ces deux parents possèdent même des appellations scientifiques : le dextrogyre et le lévogyre, ce qui signifie "qui tourne à droite" et "qui tourne à gauche".

 

L'existence du Dahut est principalement une grosse blague mais sa chasse n'en reste pas moins une tradition (parlons plutôt de bizutage) dans certains villages. Elle se pratique avec un sac et des bâtons, le premier devant être tenu par le bizut en bas d'une forte pente pour attraper l'animal quand le reste des villageois l'aura effarouché avec les seconds, le poussant à se retourner et donc à perdre l'équilibre. Evidemment, rien n'arrive, et la plaisanterie est complète quand le bizut réalise qu'un animal aux pattes plus courtes d'un côté n'existe peut-être pas.

 

Je ne suis personnellement pas fan des humiliations publiques, mais sur ce, prenez ce sac, et attendez moi en bas de la pente : je vous envoie le Dahut !

 

 

 

/Spawy


08/09/2015
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Les Changelings

  L'histoire que je vais vous conter aujourd'hui n'est pas drôle, puisque ses répercussions pourraient être qualifiées de dramatiques.
Les plus anciennes mentions d'enfants remplacés se retrouvent au XIème siècle, dans la plupart des nations européennes, dont la France et l'Espagne. Mais ce sont les anglais et les scandinaves qui ont apporté le plus de richesse au mythe du Changeling. Le nom de Changeling est un anglicisme qui signifie "enfant changé" et remplace les termes chanjon du français médiéval et oaf, du vieil anglais, qui avait la particularité de désigner à la fois le Changeling et une personne mal formée.
 
Si certains enfants naissent laids, une explication : ils ne sont pas humains. Selon la légende des Changelings, lorsqu'une femme laisse, peu après l'accouchement, son nourrisson seul à la maison , elle court le risque qu'une fée, un troll ou un elfe s'introduise chez elle et subtilise son enfant, pour le remplacer par le sien ou par une fée âgée. Ce nouvel enfant, laid et difforme, aura une tête fripée et ne grandira pas. De son côté, la créature élèvera le bébé humain. Pourquoi organiser cet échange ? Pour plusieurs raisons. Parce que les fées sont fascinées par les êtres humains, parce que cela peut servir de punition contre les parents, et parce qu'il arrive que les fées soient simplement malveillantes pour le plaisir de l'être.
 
Il est possible cependant d'identifier un Changeling par certaines méthodes, quand on constate que sa progéniture est étrangement laide et que l'on soupçonne un échange. Selon les anglais une méthode infaillible consiste à attiser la curiosité du Changeling pour le forcer à parler, et donc à se trahir. Une légende veut par exemple que la mère casse des oeufs et, au lieu de jeter la coquille et de faire cuire l'intérieur, fasse l'inverse. Le Changeling, trouvant cela stupide, se manifestera. La mère pourra alors le menacer et l'obliger à lui rendre son véritable enfant. En Scandinavie on conseille plutôt de placer dans le berceau, ou pendu au-dessus, un objet en fer tel qu'un couteau ou une paire de ciseaux, les fées en ayant peur.
 
Histoire folklorique inventée en réponse à l'inexplicable naissance d'enfants différents des autres et initialement destinée à inciter les mères à correctement surveiller leurs enfants, la légende du Changeling eut des répercussions dramatiques. En Angleterre, où l'on attribua aux Changelings la faculté de brûler aussi bien que du bois, se commirent de nombreux massacres d'enfants. Probablement non désirés, handicapés ou jugés laids, ils furent jetés au feu sans que cela n'ait de répercussion sur les parents, qui prétendirent qu'ils avaient détecté un Changeling. Jusqu'au XIXe siècle, certains enfants furent maltraités parce que soi-disant Changelings. En Scandinavie également, se répandit la rumeur selon laquelle les parents pouvaient forcer l'enfant à revenir en traitant cruellement le Changeling. Ils se mirent à fouetter la créature à coups de fouet ou à la placer dans leur four en marche.
 
changeling2.jpgPourtant, certains contes incitent dans cette région de l'Occident à ne pas brutaliser son Changeling. Un texte suédois conseille à la mère humaine de refuser, malgré les vigoureux encouragements de ses voisins et de sa famille, de brutaliser le Changeling qu'elle a reçu. Dans l'histoire, la femme, incapable de maltraiter un enfant innocent, bien qu’elle en connaisse la nature, s'oppose à son mari qui tente de lui faire du mal. Celui-ci la quitte alors, puis rencontre par surprise son véritable fils, humain, dans la forêt. Le fils lui explique alors que, puisque sa vraie mère n'avait jamais été cruelle envers le Changeling, la mère troll n'avait jamais été cruelle envers lui. Mieux encore, quand sa mère avait sacrifié ce qu’elle avait de plus cher, son mari, les trolls avaient compris qu'ils n'avaient aucun pouvoir sur elle et l'avaient relâché.
 
 
 
/Spawy

23/11/2015
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La/le Cocatrix

   Ils sont souvent confondus, mais il faut bien distinguer le (ou la) cocatrix du basilic. Le cocatrix (ou caucatrix, ou coquatrix, ou cockatrix, ou cocatrice, ou coquarille, ou cocadrille, ou cockadrille, ou codrille, bref vous avez compris, appelons-le Bernard) est né au XIIème siècle après J-C d’après une interprétation de Pline l’Ancien (douzième siècle = Renaissance, Pline l’Ancien = Antiquité, premier siècle après J-C). S'il est un animal fabuleux que personne n’a jamais vu, on ne sait que trop bien comment naît un cocatrix. Il naît d’un œuf de coq couvé par un crapaud ou par un serpent. Un coq serait capable de pondre un œuf entre son septième et son quatorzième anniversaire (quand il se fait vieux quoi) et cet œuf serait fait tantôt de l’agglomération d’humeurs (allez regarder la théorie des humeurs, c’est fendard), tantôt de l’accumulation de semence pourrie (un vieux et gros paquet de sperme). Bon appétit.
 
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Le cocatrix n’a pas vraiment de qualité si ce n’est d’être moche : il est un être à tête de coq, avec des ailes et une queue de serpent. Il a été éradiqué par erreur de la surface de la planète au XVIIème siècle (Moyen-Âge). RIP espèce de monstruosité (mais que fait la WWF ?).

C’est donc là que s’achève l’histoire de Bernard le cocatryx. Nous reprendrons la prochaine fois avec son proche parent le basilic (enfin, proche, c’est vite dit). Bonne [insérer le moment de la journée] à vous tous et à la prochaine.
 
 
 
/Le Prof

31/03/2016
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