L'Encyclopédie Fantastique

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Les Monstres et Chimères


Le Satyre

  Le faune romain et le satyre grec sont deux créatures mêlant l'homme au cheval ou au bouc. De manière générale ils arborent un torse humain lié à des pattes de cheval ou de chèvre. Leur tête est cornue, barbue, parée de longues oreilles pointues et d'un nez camus. 

 

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  En Grèce Antique le satyre est le frère des nymphes des montagnes. Il est de plus en plus représenté aux côtés du dieu du vin Dionysos à partir du VIème siècle. Initialement décrit comme n'étant bon à rien, il acquiert au fil du temps un caractère libidineux, grossier et parfois violent. Ses principaux passe-temps consistent à effrayer les paysans, s'enivrer, courir après les nymphes, et jouer de l'aulos, un instument plus proche du hautbois que de la flûte que le célèbre satyre Marsyas aurait, selon les versions, inventé ou récupéré après qu'Athéna s'en soit débarrassée. Le satyre s'associe également au dieu Pan, divinité cornue arborant des pattes de bouc, fils d'Hermès, et dont les activités sont proches de celles des satyres. Il faut noter que Pan ne s'est tourné vers les plaisirs de la chair que parce qu'il effrayait les femmes et ne pouvait trouver l'amour. Pan est indissociable de sa flûte, que lui aurait donné son père. 

 

  Les faunes romains sont physiquement plus proches de l'homme que ne le sont les satyres, et sont moins violents dans leurs histoires d'amour. On les retrouve souvent jouant de la flûte dans les profondeurs des bois. Ils passent pour être les descendants de Faunus, troisième roi d'Italie, protecteur des loups et dieu prophétique, qui était lui-même fils de Picus et petit-fils de Saturne. 

 

 


/Spawy

 

 

Ps : Oublions un instant que le satyre voit essentiellement l'amour comme une affaire de viol avec cette très belle image, un peu trop romantique... ->


25/06/2014
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Le Griffon

Le griffon est un gardien de trésors qui cumule les puissances du lion et de l'aigle. Il apparaîtrait en Elam, un ancien pays occupant la partie sud-ouest du plateau Iranien, à la fin du IVième millénaire avant Jésus-Christ, et arrive en Egypte quelques années plus tard. Le griffon sera vite consacré dans les récits, et intégrera sans difficulté la littérature chrétienne et les bestiaires du Moyen-Age. On le retrouve également dans les armoiries de nombreuses familles et de duchés.

 

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Dans la mythologie grecque, le griffon est représenté aux côtés de Némésis, la déesse de la juste colère des dieux. Le terme "juste" est important à retenir si l'on veut appréhender la véritable nature du griffon. Contrairement au dragon il est traditionnellement considéré comme un animal bon et, bien qu'arrogant, doté d'un grand courage et d'un sens aiguisé de la vertu. Il n'en reste pas moins solitaire, et ne fait son nid qu'au sommet des montagnes les plus escarpées ou au milieu des déserts. On le retrouve parfois au fond des grottes, veillant jalousement sur son trésor. 
Physiquement le griffon est un animal de grand taille, arborant une envergure de plus de cinq mètres et une force herculéenne. Il est représenté avec la tête, les ailes et les serres de l'aigle, associés au corps et à la queue du lion. On lui rajoute parfois des oreilles de cheval. L'opinicus et l'hippogriffe sont ses cousins et, tandis que le premier a pour seule particularité d'arborer des pattes avant de lion, le second est le résultat d'une idylle entre un griffon et une jument. Il a en conséquence le corps d'un cheval à la place de celui du lion.

 


/Spawy


25/06/2014
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La Licorne

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  Parfois nommée unicorne, elle est comme son nom l'indique, une créature légendaire à corne unique. Connue en occident depuis l'Antiquité grecque sous le nom de monocéros, elle est peut-être en partie issue du chamanisme oriental à l'origine du Qilin (ou licorne chinoise) et du récit sanskrit d'Ekasringa. La licorne occidentale se diff
érencie toutefois nettement de sa consœur asiatique par son apparence, son symbolisme et son histoire. Les bestiaires médiévaux occidentaux et leurs miniatures la décrivent comme un animal sylvestre très féroce, symbole de pureté et de grâce, attirée par l'odeur de la virginité - ce pourquoi les chasseurs utilisent une jeune fille vierge pour la capturer... Elle se voit dotée dans les récits d'un corps équin, d'une barbiche de bouc, de sabots fendus et surtout d'une longue corne au milieu du front, droite, spiralée et pointue, qui constitue sa principale caractéristique. Elle devient l'animal imaginaire le plus important du Moyen Âge à la Renaissance ; la croyance en son existence étant rendue omniprésente grâce au commerce de sa corne, qui se révélera n'être qu'une dent de narval, et à sa présence dans certaines traductions de la Bible.

 

Comment ne pas craquer devant cette adorable petite chose ?

 


/Spawy


27/06/2014
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Les Trois Gorgones

Aujourd'hui ce sont les trois gorgones qui vont passer entre mes mains. Toutefois sachant qu'il existe un certain nombre de différences entre elle et les deux autres, je traiterai Méduse dans un autre paragraphe.

Tout d'abord les deux premières sont les moins connues. Nommées Sthéno et Euryale. Ce sont les filles nées monstrueuses des divinités marines Phorcys (le papa, un des titans nés de Gaïa et de Pontos, divinité primitive du flot) et Céto (la maman, soeur du papa ce qui explique peut-être les deux filles...). Selon certains mythes Méduse est leur sœur mais je m'en vais vous conter une autre version.
On représente parfois les gorgones ailées et possédant des serres de cuivre (comme ça si vous voyez un truc ailé sur un vase, NE LE CONFONDEZ PAS AVEC UNE HARPIE !). Sinon les gorgones pouvaient pétrifier quiconque les regardaient dans les yeux (ou selon une version que j'aime, de face tellement elles étaient laides) et leur sang faisait l'effet d'un élixir de résurrection pris du côté droit alors qu'il tuait instantanément le buveur quand il était pris du côté gauche.


gorgone.jpg*Succès déverrouillé: rendre une gorgone sexy*

 

Pour parler de Méduse, c'était à l'origine une jeune fille à la chevelure particulièrement belle qui séduisait mortels et dieux. Voici donc le mythe qui lui est associé, conté avec toute ma verve.

Méduse était une jeune femme assignée au culte d'Athéna qui était admirée en raison de sa magnifique chevelure. Poséidon tomba ainsi sous son charme et décida "d'aller se la faire derrière une colonne", pour citer Hésiode (ceci est une blague).
Athéna, furieuse qu'une telle chose se soit produite dans son temple, décida de se venger (déesse de la sagesse, n'est-ce pas ?). Ne pouvant pas atteindre Poséidon directement, elle décida donc de s'acharner sur Méduse qui se retrouva changée... En gorgone ! Ses si beaux cheveux devinrent autant de serpents et son regard se mit à pétrifier quiconque le croisait.
Brisée et humiliée, elle rejoignit alors les deux autres gorgones. Son origine (elle n'était qu'une mortelle à la base) en fit la seule gorgone mortelle, les deux autres étant totalement immortelles.
C'est donc sur elle que Persée jeta son dévolu lorsque son beau-père, le roi Polydektès, le chargea d'aller tuer une gorgone. Mais je vais vous rappeler un peu qui est Persée et comment cette tâche lui échut.
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Le roi Acrisios avait pour seule descendance une fille nommée Danaé. Un oracle lui prédit qu'un jour qu'il serait renversé et tué par son petit-fils. Il décida donc d'enfermer la jeune fille dans une tour d'airain.
Hélas il n'avait pas compté sur la divine libido de Zeus qui entra facilement dans la tour en se changeant en pluie d'or (je vous l'ai déjà raconté je n'y reviens que vite).
Neuf mois plus tard Acrisios fut alerté par les cris du nouveau-né. Terrifié par l'enfant, il le fit enfermer dans un coffre avec sa mère et jeta le coffre à la mer. Celui-ci dériva jusqu'aux rivages de l'île de Seriphos ou régnait justement Polydektès. Le roi recueillit Persée et sa mère. Mais alors que Persée atteignait l'âge adulte, le roi Polydektès s'éprit de Danaé et voulut se débarrasser du regard gênant de son fils, qui l'empêchait de la séduire. En effet il devait épouser une autre femme, Hippodamie. La veille du mariage, chaque habitant de l'île vint demander à Polydektès quel cadeau lui ferait plaisir. A tous il répondit:
"Je veux des chevaux"
Persée, fier, lui répondit alors:
"Soit, te donner des chevaux est une chose facile. Pour moi, j'aurais aimé que tu me demandasses de t'apporter ici la tête de Méduse !"
Le roi ne répondit rien et repartit. Toutefois le lendemain alors que Persée amenait un cheval comme tout le monde, Polydektès lui dit:
"Tu m'as promis la tête de Méduse, l'une des terribles et terrifiantes gorgones. Un prince doit toujours tenir ce qu'il promet et je ne te tiens pas quitte de ton engagement. Va donc, et au plus tôt, me chercher cette redoutable tête car dès aujourd'hui jusqu'à ce que tu me l'apportes, je prends et je garde ta mère comme otage."
Persée en fut bien ennuyé.
Alors qu'il se lamentait sur le rivage de sa folle témérité, Hermès lui apparut, le consola et lui promit son soutien ainsi que celui d'Athéna. Rasséréné, Persée partit à l'aventure.
Sur les conseils d'Hermès, il partit à la recherche des sœurs Grées, qui connaissaient l'emplacement du repaire des gorgones. Ces trois sœurs monstrueuses n'avaient pour elle trois qu'un seul œil et qu'une seule dent qu'elles se partageaient. Persée leur vola donc leur œil pour obtenir d'elle l'information qu'il convoitait. Il se dirigea ensuite vers le repaire des gorgones.
Arrivé là-bas Athéna lui apparut et lui donna l'égide, son propre bouclier forgé par Héphaïstos, si poli qu'on pouvait y voir son reflet. Il le brandit alors face à Méduse qui, face à son propre regard, se retrouva changée en pierre. Persée la décapita alors et s'enfuit avec la tête dans une besace avant que les deux autres gorgones n'arrivent. Du cou tranché de Méduse naquit le fruit des amours de Méduse et de Poséidon : Pégase, le cheval ailé, et Chrysaor, un sanglier ailé (tout de suite c'est plus sexy).




Sur le chemin du retour il lui arrive plein de trucs avec Atlas et Andromaque, mais bon ça ne concerne pas directement Méduse donc tout passera à la trappe. Idem pour la suite de la vie de Persée.
Toujours est-il que Polydektès, que les exploits de Persée ont rendu jaloux à l'extrême, nie son exploit et fait preuve d'une ingratitude totale. Persée sort alors la tête promise et pétrifie le roi sur son trône.

 


/Shaï-Hulud


27/06/2014
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Le Bonnacon

  J'espère que vous êtes bien assis, parce qu'aujourd'hui on sort du lourd, du très lourd ! 
  Aujourd'hui, donc, revenons en Grèce Antique où Pline l'Ancien nous décrit un animal au charisme incomparable : Le Bonnacon.

 

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  Le bonnacon, ou bonasus, est un animal de Grèce et d'Inde qui ressemble à un taureau (ou à un buffle) à la crinière de cheval et aux cornes tournées vers l'intérieur. Si vous visualisez un peu la bestiole, vous verrez que ses cornes ne sont d'aucune utilité pour le combat (parce qu'il y a sa tête entre la menace et ses cornes, m'voyez ?). Aussi, comment fait-il pour se défendre, me demanderez-vous ? Mais je vais vous répondre !

S'il ne combat pas, le bonasus fuit. Oui, c'est médiocre, mais il couvre sa fuite ! Le bonasus est en effet pourvu d'une puissante arme biologique.

" -Mais t'as viré Prof ! Les grecs anciens n'avaient pas la conception des armes biologiques ! On ne savait même pas à l'époque ce qu'était un microbe ou un virus !
-Silence, margoulin ! Je vais t'expliquer nom d'une pipe !"

Donc, je disais que le bonnacon est pourvu d'une puissante arme chimique qu'il utilise durant sa fuite. En effet, il est capable d'émettre un puissant gaz sur une distance d'environ 600 mètres ! Ça et aussi de chier super loin aussi. Ce gaz est extrêmement corrosif et brûle quiconque rentre en contact avec.

Voilà, c'est tous ce que l'on sait du bonasus : une vache qui pète du napalm. Franchement, ça vous vend pas du rêve ? Sur ce, je vous laisse et souvenez-vous, méfiez-vous des vaches qui pètent !

 


/Le Prof


12/03/2016
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Le Basilic

   Aujourd’hui, nous allons parler du basilic. Il est à savoir que toute une partie du mythe français du basilic rejoint celui de la cocatryx. On ne va donc pas en parler, et pour plus de renseignements, je vous laisse aller chercher l’article correspondant.


Alors... L’ocimum basilicum, autrement appelé basilic romain, basilic commun ou grand basilic est une herbe aromatique et condimentaire de la famille des lamiacées.

« - Non Prof, tu te trompes de basilic.
- Hein ? Oh… je vois… »

Hum hum. Le basilic, en plus d’être une herbe aromatique, est une créature mythologique qui ne date pas d’hier puisqu’elle nous vient de l’Antiquité gréco-romaine. À cette époque le basilic est vu comme un reptile et ce ne sera que plus tard, au Moyen-Âge, qu’il arborera les mêmes caractéristiques que la cocatryx. On va donc parler du basilic antique et non pas de celui du Moyen-Âge, car ce serait une redondance.


220px-Basilisco1.jpgLa plupart des serpents de la mythologie grecque sont nés du sang de la Gorgone Méduse, ou du moins de celui de la tête tranchée de Méduse (un certain Persée était passé par-là), qui a coulé par terre. Et c’est le cas pour le basilic. Le nom « basilic » vient du grec ancien βασιλίσκον (basilískon) qui signifie « roi » ou « petit roi ». Cela apporte une grande explication quant au fait qu’il soit décrit comme le roi des serpents. En effet, les grecs nommaient une chose selon l’attribut principal de ladite chose, par exemple, Platon est un surnom qui veut dire large, parce que Platon (Aristoclès de son vrai nom) était bien baraqué.

Il est terrible malgré sa petite taille. En gros, il fait la taille d’une vipère mais est bien plus vicelard et dangereux. Outre le poison mortel qu’il sécrète, son regard aussi est mortel : un regard perçant capable de briser la roche et de brûler ce qu’il vise. Il est impossible de l’approcher sans mourir à cause des vapeurs empoisonnées qu’il dégage de son corps (oui, les yeux aussi). Enfin, impossible, pas tout-à-fait. Il y a UN homme qui SAIT. Un homme qui sait mieux que tout le monde et qui nous donne la parade aux pièges mortels du basilic.

« - Top. Je suis un grand penseur grec du IVème siècle avant JC. Élève de Platon et précepteur d’Alexandre le Grand, je fonde ma propre école que je nomme le Lycée. J’ai été pendant très longtemps la référence, notamment grâce à la scolastique qui me préférait à mon maître. Je suis aussi la hantise de tous les scientifiques modernes et de certains vidéastes, comme Bruce d’E-penser. Je suis, je suis, je suis ?
- La mer noire.
- Je dis non. »

Eh oui ! Aristote ma gueule ! Il nous dit bien comment se prévenir du basilic. Il faut simplement lui présenter la face polie (réfléchissante) d’un miroir, ainsi le pouvoir du basilic va se réfléchir et revenir à l’envoyeur, le tuant alors. Si toutefois vous étiez blessés par lui, il existe un remède et un seul pour échapper à la mort : les larmes d’un phénix... Donc, ne soyez pas blessés par un basilic.

Voilà, c’en est fini du basilic. Il me reste donc à vous souhaiter une bonne journée, à bientôt.

 

 

/Le Prof


30/03/2016
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Les Stryges

 

stryges.jpg   Les Stryges apparaissent pour la première fois en Grèce antique, même si on doit à Rome leur célébrité. Selon la mythologie, une femme du nom de Polyphonte vénérait Aphrodite, la déesse de l'amour. Respectant son attribution, cette dernière voulut un jour que Polyphonte s'éprenne de quelqu'un, peu important qui. Mais Polyphonte, adorant sa liberté, se méfiait comme de la peste de l'amour (c'était bien la peine d'adorer Aphrodite, donc). Elle se vexa et choisit de rejoindre le culte d'Artémis, la déesse de la chasse, qui lui correspondait mieux. Aphrodite le prit extrêmement mal et, dans un accès de colère, rendit Polyphonte amoureuse d'un ours et la força à copuler avec. De cet acte naquirent deux fils monstrueux et cannibales, Agrios et Orios. Puis Aphrodite, ne s'estimant pas encore assez vengée, changea Polyphonte en Stryge.
 
Plus tard, des écrits latins décrivirent les Stryges comme des démons femelles ailés, mi-femmes mi-oiseaux, aux serres acérées. Leurs ailes furent parfois comparées à celles des chauve-souris, et parfois à celles des chouettes. Pline l'Ancien indiqua qu'elles s'en prenaient principalement aux nouveaux nés, les enlevant pour leur sucer le sang ou les allaitant pour les empoisonner avec leur lait. C'est pour cela qu'elles furent progressivement associées aux Vampires et liées aux cimetières. Au Moyen-Âge, elles changèrent carrément d'apparence pour devenir des morts sortant de leurs tombeaux afin de sucer le sang des vivants. 

637321.jpgMais cette dernière description s'éloigne du mythe d'origine. La principale différence entre les Stryges et les Vampires auxquels elles sont comparées, c'est que contrairement à eux, elles sont bien en vie. Elles se rapprocheraient donc plutôt des Harpies de la mythologie grecque. Et dans le monde arabe, elles figurent sous le nom de Goules, qui devrait vous rappeler quelque chose si vous lisez consciencieusement nos articles...
 
Le nom des Stryges a été repris par les naturalistes pour désigner la famille de rapace des Strigidae, qui regroupe entre autres une grande partie des chouettes. Il désigne également une statue de la cathédrale Notre Dame de Paris installée sur une balustrade à l’angle de la tour nord.
 
 
 
/Spawy

27/04/2016
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Le Minotaure

   Salut tout le monde. Allez, commandez votre choppe, asseyez-vous à votre table, que je puisse commencer. Bien, tout le monde est assis ? Si j'en vois un qui moufte, je lui fais payer mon ardoise. Méfiez-vous, parce qu'il va pleurer. Ce soir c'est Minotaure. Mais non, mais pas au diner ducon, pour le récit. Assied-toi.

 

Minotaure, dis-je. Μινώταυρος / Minốtauros, en grec ancien, qui signifie "le taureau de Minos". Créature tirant ses origines de la mythologie grecque. Il s'agit d'un homme à moitié taureau. En proportions variables certes, mais généralement sa tête est celle de la bête et son corps est celui de l'homme, avec des muscles, des grooos muscles et une envie de tuer et de manger tout ce qui bouge. Voici le mythe que vous connaissez sans doute, tel qu'il est raconté sur Wikipédia : "Né des amours de Pasiphaé et d'un taureau blanc envoyé par Poséidon, il est enfermé par le roi Minos dans le labyrinthe, situé au centre de la Crète, qui fut construit spécialement par Dédale afin qu'il ne puisse s'en échapper et que nul ne découvre son existence. Tous les neuf ans, Égée, roi d'Athènes, sera contraint de livrer sept garçons et sept filles au Minotaure qui se nourrira de cette chair humaine. Thésée, fils d’Égée, sera volontaire pour aller dans le labyrinthe et tuera le monstre."

 

Vous vous doutez bien que si je cite Wikipédia, c'est que son origine mythologique et le récit qui l'accompagne n'est pas vraiment ce qui nous intéresse. Il existe une discipline fantastique, et plus souvent symbolique dans l'imaginaire collectif, et il s'agit de la Thérianthropie. Ce terme signifie en gros la transformation de l'humain en un autre animal et il désigne plus généralement ce qui est à la croisée entre la bestialité et l'humanité. En matière de thérianthropie, le minotaure symbolise en fait l'humain qui se laisse dominer par son instinct. La symbolique ici est importante, car outre le récit de Pasiphaé et de son amour malsain pour les bêtes, c'est véritablement la bestialité de la créature qui est restée dans l'imaginaire collectif et qui a peuplé la littérature, le cinéma et les jeux vidéos. 

 

1_l9ux9.jpgAujourd'hui, quand on vous dit minotaure, vous pensez bien rarement à Thésée crapahutant dans son labyrinthe, et c'est normal. Si vous suivez mes articles, vous remarquerez que je parle très souvent de l'évolution des créatures et de leur transformation dans notre imaginaire, puisqu'elles en sont issues. Mais comme toute évolution, elle garde une racine commune, un trait qui ne change jamais, et c'est souvent celui de la symbolique. Le minotaure, en ce cas là est un cas d'école.

 

J'espère avoir apporté un point de vue nouveau sur la perception que vous vous faites peut-être des créatures fantastiques, et je souhaite vous laisser avec une illustration qui symbolise pour moi, ce que devrait être un minotaure.


A notre prochaine rencontre.

 

 

 

/Un vagabond immobile


13/05/2016
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Le Centaure

   Bonjour et bienvenue dans ce nouveau cours du fantastique. Dans notre métier, il y a deux types de créatures : il y a celles qui ont un flingue et les autres qui creusent. Euh, non, erreur de script. Il y a celles qui sont méconnues et que nous vous faisons découvrir et il y a celles que tout le monde connaît, ou croit connaître. Celle du jour fait partie de la deuxième catégorie. Je veux dire que l’article tient en un seul mot : centaure.

Si le terme de centaure a peut-être initialement désigné toutes les créatures hybrides de la mythologie grecque, il a fini par ne correspondre qu'à la seule espèce qui ne possédait pas de nom propre. Le centaure est donc désormais un hybride entre un cheval et un homme de très grande stature, avec la forme que vous connaissez tous : un torse d’homme et un corps chevalin qui fait des ravages chez la gente féminine (je laisse vos imaginations perverses travailler). Son origine n’est pas totalement définie. Les deux versions les plus répandues sont, d’une part, celle d’héros grecs random (qui ne sont pas très connus donc on s’en tape le coquillard) qui fécondent une jument, et d’autre part, celle d’une divinité qui aurait puni un type, random lui aussi.

13466463_1058031447611585_4885622664250773346_n.jpgDans tous les cas, on obtient un être qui se caractérise par sa sauvagerie et sa puissance. Par sauvagerie, j’entends que le centaure est assez secret, animal, farouche. Il ne s’entend pas bien avec les hommes. En effet, on a l’image du centaure proche de la nature alors que l’humain est plutôt du côté de la culture (qui détruit un petit peu la nature). Si l’on devait faire un rapprochement douteux, on pourrait dire que le centaure est à la Grèce Antique ce que la caricature de l’amérindien est aux Amériques. Il dégage aussi un sentiment de puissance. Déjà par son imposante stature, mais aussi pour son côté sauvage, comme on vient de dire. Et ce n’est pas qu’un sentiment, parce qu’il est réellement puissant. Doté d’une masse musculaire somme toute importante (le cheval c’est trop génial !), d’une grande connaissance de son environnement et doué pour le maniement des armes, il vaut mieux ne pas faire du centaure son ennemi. De plus, on peut rajouter qu’il est loin d’être un imbécile !


Bref, je n’ai pas internet en ce moment et vérifier mes propos n’est pas aisé. Tout cet article repose sur ma mémoire et plusieurs points sont faillibles. Mais je vous dois bien un article de temps en temps. Sur ce, le cours est terminé et à bientôt pour une nouvelle leçon.

 

 


/Le Prof


22/06/2016
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Le Cynocéphale

   Bien le bonjour, chers amis. Afin d'apporter des précisions pour la suite de la mythologie égyptienne nous partons faire un tour, en passant par la Lybie, l’Inde et l’Europe. Aujourd’hui, nous allons causer du cynocéphale.

Le cynocéphale est, comme son nom l’indique, un homme à tête de chien (« cyno- » pour chien et « -céphale » pour tête). Pour vous le dire d’emblée, le cynocéphale représente la partie bestiale de l’homme : c’est important donc gardez cela dans un coin de votre tête. En plus, outre la tête de chien, il a la peau noire.
 
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Les cynocéphales sont vieux comme le monde pourrions-nous dire, car ils remontent aux dieux égyptiens. Mais ce sont des dieux, or il est plus intéressant de parler des cynocéphales « communs ». Ces cynocéphales sont décrits pour la première fois à l’écrit et en détails par des grecs du Vème siècle avant J-C : j’ai nommé Ctésias et Hérodote. Le premier est un médecin et le deuxième n’est plus à présenter (comme Aristote, il a sa carte de VIP à l’EF). En évoquant Aristote, il est aussi de ceux qui en parlent et il n’est pas étonnant alors que son plus célèbre élève, Alexandre le Grand, en ait croisé dans ses conquêtes. Il y en a encore bien d’autres mais il faudrait éditer un livre entier pour en faire une liste exhaustive !

Pour faire simple et essayer de synthétiser toutes ces descriptions, on va dire que le cynocéphale est natif d’Inde et s’est étendu jusqu’en Afrique du nord. Le cynocéphale ne parle pas, il utilise bien un langage mais il est plus proche de jappements et d’aboiements. Néanmoins, il comprend le langage humain. Contrairement à ce qu’on a dit plus haut, le cynocéphale n’est pas sauvage, ni un simple animal. En effet, les cynocéphales forment des tribus policées. Elles sont parfois nomades, qu’elles suivent les transhumances des troupeaux d’animaux sauvages qui sont leurs proies ou bien celles de leurs troupeaux de mouton. Mais généralement les tribus cynocéphales sont sédentaires et forment des villages (un peu comme les cités grecques mais en moins développés et importants). Ils ne maîtrisent pas le feu, certes, mais ils font cuire leurs viandes au soleil. Ils ne mangent pas cru, sauf les fruits et légumes - et pas seulement ceux qu’ils peuvent trouver dans la nature, car certains pratiquent l’agriculture. En plus ils commercent avec les hommes ; comme je vous le disais, ils comprennent le langage humain et ils se font comprendre un peu comme les muets, par signes. Et en point d’orgue de cette description, on leur prête une certaine sagesse et un grand sens de la Justice.

Cette vision du cynocéphale est celle des « Anciens ». Mais c’était sans compter sur cette formidable secte (euh, religion) qu’est la chrétienté ! Les chrétiens d’orient n’ont pas tant de problèmes avec le cynocéphale. En effet, on trouve un saint chrétien qui était un cynocéphale ! Laissez-moi vous compter cette histoire.
 
Il était un cynocéphale géant nommé Ophérus qui cherchait à servir un puissant seigneur. Il alla alors offrir ses services à un puissant roi. Un jour, il fut fait mention du diable et Ophérus fut témoin d’un signe de croix aussi rapide qu’apeuré de la part du roi. Intrigué, le géant demanda alors au roi ce que signifiait sa peur. Ce dernier répondit qu’il craignait le diable. Par un raisonnement aussi simple que naïf, Ophérus quitta le roi en quête du diable. Bah oui, si le roi a peur du diable, alors il existe quelqu’un de plus puissant que le roi : le diable. Sur la route pour trouver le diable, il tomba sur une troupe et, par le plus grand des hasards (et la marmotte met le chocolat dans le papier d’alu), le chef de ce petit groupe était le diable. Alors il le suivit et allait pour le servir. Mais quelques jours plus tard, la troupe se retrouva devant une croix christique et le diable ordonna qu’on la renverse. Encore une fois intrigué, Ophérus demanda au diable pourquoi il faisait cela. Le diable avoua qu’il craignait les symboles du Christ, comme la croix. Suivant le même raisonnement qui le fit quitter le roi, Ophérus quitta le diable en quête du Christ, qui semblait alors plus puissant que le diable. Il chercha longtemps sans jamais le trouver. Mais un jour, alors qu’il cherchait refuge pour la nuit, il rencontra un vieil ermite qui semblait bien sage et savant de nombre de choses. Le cynocéphale en profita pour lui demander où il pouvait trouver le Christ. L’ermite, étonné de la question, répondit alors que le Christ était partout. Là, notre Ophérus est confus et il demande comment l’atteindre, ce sur quoi le vieil homme lui conseille de pratiquer jeûne, prière, etc. Mais Ophérus n’a pas le temps pour ça et le fait comprendre. L’ermite alors eut une idée. Il amena le géant au bord d’une rivière aux flots impétueux et au gué très peu praticable. Il conseilla à Ophérus de faire passer les voyageurs cette rivière en ayant en tête que l’amour pour le Christ. Le cynocéphale s’accomplit jour après jour à cette tâche et ce pendant de nombreuses années. Un soir, alors qu’il se reposait après une journée à faire passer des voyageurs, comme d’habitude, il fut réveillé par un enfant qui l’appela trois fois par son nom. Ophérus ne rechigna pas à la tâche de le faire passer malgré l’heure tardive. Pourtant, cette traversée ne se passa pas comme d’habitude. Le courant lui semblait plus fort, l’enfant plus lourd. Il lança alors à l’enfant : « Mais qui es-tu ? Pourquoi es-tu si lourd ? J’ai l’impression de porter le monde sur mes épaules ! » Ce à quoi l’enfant répondit : « Mais tu portes le monde sur le dos et tu portes son Créateur. » Cet enfant était le Christ. Et il donna une récompense à Ophérus pour ses loyaux services. Il le baptisa Christophe, lui donna la parole et lui donna forme humaine. Christophe continua de servir le Christ et mourut en martyr. Il fut plus tard canonisé (d’où je disais au début que c’était un saint). Pourquoi Christophe ? Parce que ça veut dire « porte Christ ».

Cette version est bien pour les chrétiens d’orient. Mais ça ne va pas pour les occidentaux. Souvenez-vous : le cynocéphale est traité par chez nous comme symbole de la bestialité de l’homme, donc de Satan. C’est pourquoi ici nous n’avons pas le droit au cynocéphale, mais à un simple géant, dans notre version.

Bref, voilà qui nous fait un bel article ! Sur ce, je vous dis à bientôt !
 
 

/Le Prof

14/10/2016
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