L'Encyclopédie Fantastique (Blog en cours de déménagement)

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Folklore Slave


Les oiseaux prophétiques

   Il existe dans le folklore russe trois oiseaux prophétiques à tête de femme qui répondent aux noms d'Alkonost, Sirin et Gamayun. Ils ont une place spirituelle entre les mondes de la vie et de la mort.

 

L'Alkonost est un oiseau bénéfique, contrairement au Sirin. Aux yeux de l'Eglise orthodoxe russe, cette chimère personnifie la volonté de Dieu. Elle vit au paradis mais peut se manifester sur Terre pour délivrer des messages. Elle possède également un pouvoir sur les éléments. Par exemple, durant les six ou sept jours où elle couve ses œufs sur la côte, la mer et le vent restent calmes. Son chant triste et magique est réputé si beau et doux qu’il fait tout oublier à celui qui l’écoute.

 

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Le Sirin est inspiré des légendes grecques sur les sirènes. Dangereuse pour les mortels, cette femme-oiseau proche du hibou vole extrêmement vite et ensorcèle par son chant les hommes, qui en perdent aussitôt la mémoire. Ils en oublient tout de la vie terrestre, jusqu'à leur besoin de boire et de manger, et finissent par en mourir. Seuls les saints peuvent supporter le son de sa voix, et apprennent grâce à elle leurs joies à venir. Le Sirin est parfois interprété métaphoriquement comme une imitation du Verbe du Dieu tentant les hérétiques. Pour la faire partir, les hommes tirent des coups de canon et produisent le plus de bruit possible.

 

Le Gamayun (ou Gamaïoun) prédit l'avenir aux hommes qui savent discerner ses oracles dans les bruits de l'orage. Vivant à proximité du paradis, il sait tout sur la création de la terre et du ciel, et sur l'origine des dieux et des héros, des hommes, des monstres, des oiseaux et des animaux. Il symbolise la sagesse et la connaissance et entendre son cri porte bonheur.

 

 

 

/Spawy


07/09/2015
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Le Domovoï

  Esprit domestique protecteur du foyer et de la famille, le Domovoï (dont le pluriel est domoviye ou domovye) commande aux autres esprits de la demeure.

 

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Son nom est dérivé du mot "dom", qui signifie maison en russe. De petite taille, poilu et hirsute, il vit au sous-sol ou derrière le four. C'est pourquoi l'une des exigences de la tradition slave était de laisser chaque soir de la nourriture près dudit four, afin que le Domovoï puisse se nourrir. Il fallait également inviter le Domovoï à suivre la famille à chaque déménagement, en laissant dans un coin de la cuisine des souliers plats faits d'écorce.

 

Les Domoviye sont travailleurs et gentils et recherchent les valeurs que sont l'amour, la sécurité et le respect des anciens. Ils vivent la nuit et ce n'est donc qu'une fois le soleil couché qu'on peut les rencontrer. Le principal contact que peut avoir une famille avec eux prend la forme d'un avertissement ; en effet, les Domoviye peuvent être amenés à créer une sensation d'étouffement durant le sommeil qui prévient d'un danger imminent. Si la famille refuse d'en tenir compte, son Domovoï peut devenir agressif et bruyant. Il peut secouer les lits et les draps, lancer des objets, ou blesser les chevaux.

 

Le Domovoï a selon certaines traditions une femme, la Volossatka ou Domakha, qui vit au grenier.

 

 

 

/Spawy


01/08/2015
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Le vampire

   Bien le bonjour, mes chers amis. Aujourd’hui, nous allons revenir sur une figure de l’imaginaire collectif des plus emblématiques. Je devrais même dire, une créature de l’imaginaire mondial ! Car le vampire est implanté partout, et pas seulement notre version européenne. Si vous suivez un peu mes articles, vous savez qu’une créature présente dans plusieurs folklores différents est un enfer pour nous auteurs. #JeCrouleSousLesInfos #RIPlaclassification C’est pourquoi je vais me contenter de dépeindre la figure européenne du vampire.
 
943997_1005937206154343_1364440496267226607_n.jpgBéla Lugosi est un acteur qui a incarné le plus emblématique des Dracula de l’histoire du
cinématographe. C’est lui sur la photo.

Si le vampire se décline sous plusieurs formes à travers le monde (Asie, Antiquités gréco-romaine, hébraïque et mésopotamienne, Afrique, etc.) c’est bien chez nos amis slaves que le vampirisme débute, pour nous européens. On a à la base un prince transylvanien nommé Vlad III Basaras, dit Tepes (l’Empaleur). Enfin, pas encore. En effet, le mythe du vampire est déjà installé dans les pays slaves avant ce bon Vlad.

Selon la croyance slave, l’esprit d’un mort « survit » pendant quarante jours avant de s’en aller vers l’au-delà, durant lesquels il vagabonde sur terre. C’est pourquoi il est coutume là-bas de laisser la porte ou une fenêtre ouverte après un décès, ce qui permet à l’esprit de vagabonder hors de sa demeure. Ledit esprit est doté de la faculté de se réincorporer ou de blesser un vivant, aussi il existe des rites d’inhumation très stricts afin d’empêcher cette réincorporation. Néanmoins, il est des cas où les rites ne servent à rien : en cas de décès d’un enfant non baptisé, d’une mort violente, de la mort de quelqu’un qui n’a pas demandé repentance (comme un meurtrier ou un sorcier), ou alors si les rituels d’enterrement ont été foirés (même à l’époque il y avait des branlos, que voulez-vous ?). Dans ces cas, l’esprit refusera de quitter son corps. Il y a aussi les esprits qui veulent se venger des vivants. Dans ces situations de vengeance, l’esprit va drainer l’énergie vitale de la personne qu'il possède, ce qui provoque son courroux, ou alors lui sucer le sang jusque mort s’en suive.

Voilà, maintenant on peut parler de Vlad III Basaras dit l’Empaleur. Ce bon Vlad était connu pour empaler ses victimes et pour être très violent avec ses ennemis lors des guerres. Et comme nous parlons de politique (oui, prince est un métier politique) il est évident qu’il y avait des empêcheurs de tourner en rond qui étaient contre Vlad. Afin de le décrédibiliser, ces dissidents politiques faisaient enfler la rumeur selon laquelle Vlad aurait dîné tranquillement et posément dans un charnier constitué de vingt mille turcs empalés (le but étant de le faire passer pour très sanguinaire, bien sûr les méthodes de ces détracteurs ne sont pas moins violentes). C’est ainsi qu’est née la légende du vampire transylvanien à travers Vlad III Tepes, connu aujourd’hui sous le nom de Dracula. Pourquoi Dracula ? Mais parce que son père portait le titre de « Dracul », c’est-à-dire « dragon » et que en slave, le fils du dragon se dit Dracula. Mais maintenant qu’il est décrit comme un démon de la nuit, on traduit Dracula autant par « fils du dragon » que par « fils du démon ».

Ainsi, essayons-nous à une description un peu plus générale du vampire. Le vampire est un mort-vivant, prince de la nuit qui craint le soleil (mais ne meurt pas à son contact, ça l’irrite tout au plus, c’est une légende cinématographique ça) ainsi que l’argent, l’ail, le rosier sauvage, l’aubépine, et qui ne supporte pas la vue d’un crucifix ni le contact d’un rosaire ou de l’eau bénite. Il ne peut pas marcher sur un sol consacré (donc si vous croisez un vampire, cloîtrez-vous dans une église). Il faut savoir aussi qu’une bonne partie du mythe du vampire, dont on vient de décrire l’essentiel, et quelques petits détails (comme l’absence de reflet dans le miroir ou l’impossibilité de rentrer chez quelqu’un sans y être invité) sont des inventions cinématographiques, pour les plus récentes, sinon des inventions issues de l’œuvre de Bram Stoker (écrivain irlandais de la deuxième moitié du XIXème siècle à qui l’on doit les nouvelles sur le personnage de Dracula).

Voilà, s’en est fini pour l’instant. Ce qu’il faut retenir c’est que : nous n’avons qu’effleuré la figure du vampire ; pratiquement tout est inventé concernant le vampire européen ; et Béla Lugosi a quand même vachement la classe ! A bientôt pour de nouvelles leçons de fantaisie, et pour patienter et en savoir plus, lisez donc l’édito sur les vampires de mon ami Le Vagabond Immobile.

 
 
/Le Prof

13/04/2016
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Edito sur les vampires

   Okay, on se calme, toi assieds-toi, et toi aussi. Je sais qu'un article sur les vampires a déjà été mis en lumière il y a peu. Le mien n'est qu'un complément, alors si vous voulez le lire, je vous invite à d'abord faire lecture de l’article originel.


Sans introduction, puisqu'elle a déjà été faite, je reprends là où se finit l'article de mon très cher collègue, non sans faire un bref résumé pour ceux qui ne sont plus dans les arcanes de la légende vampirique :

 

Ils sont morts, boivent du sang, s'affaiblissent ou brûlent carrément au soleil ; ce sont les caractéristiques principales des vampires. Elles sont certes variables, et bien plus nombreuses selon les origines ou l'époque du mythe. Par exemple, combien d'entre vous savaient que certains peuvent se changer en phalène, ou doivent attendre d'être invités pour entrer sous le toit d'autrui ? Et par la puissance des transitions fluides, cela nous amène au sujet de cet article, les origines du vampire, et les différent rites qui ont façonné ce qu'il est aujourd'hui.

 

Excepté les figures vampiriques européennes, d'Europe orientale, le vampire tire ses racines plutôt d'un imaginaire collectif que d'une région du monde particulière. "Vampir" est le premier mot, allemand, qui désigne effectivement la créature telle qu'on la connaît, car son étymologie ressemble à un amas de racines qui finissent par fusionner pour former un tronc très épais tant il est alimenté. Alors, simplifions nous la tâche, et contentons nous de cette appellation simpliste pour le bien de notre santé mentale (et de mon travail de documentation).


ms9271e_fig1.pngSa toute première apparition peut être ramenée à l'empire Assyrien, où le vampire n'était alors qu'un esprit qui se nourrissait de chair et qu'une incantation suffisait à neutraliser. Plus tard, en Egypte antique, les cérémonies se firent plus complexes. Toutes sortes de denrées et de fétiches étaient placés avec le défunt dans le tombeau afin d'empêcher un retour de l'esprit dans le corps, et du corps dans le monde des vivants. Ainsi on retrouva des narcotiques dans les tombeaux, afin de s'assurer que le macchabée "dorme", des provisions, pour qu'il n'ait pas besoin d'aller se nourrir ailleurs, ou carrément une brique en travers de la mâchoire, pour qu'il ne morde personne (si si, voyez la photo). Certains pauvres diables étaient même enfermés sous des grilles, plantées autour des tombes. Particulièrement si de son vivant le défunt avait été prompt au meurtre ou à l'impiété (après la christianisation bien sûr).


Le vampire buveur de sang peut être retrouvé aussi chez les grecs, sous le nom de Lamies : des serpents à tête de femmes qui suçaient le sang des enfants jusqu'à la mort.

 

Vous l'aurez compris, qu'il s'appelle Ch'ing Shih, Stryge, ou même Eurynome, le vampire a tellement d'identités et de racines que chacune d'elle mériterait un article complet. Alors cet article est-il vain? N'ais-je parlé que pour ressasser ce que vous savez déjà ? Je ne pense pas (eh, sinon je me serais abstenu d'écrire), car il est une origine tangible et universelle qui émane d'entre ces lignes, et de tous ces exemples. Elle est la véritable racine du vampire :

 

La peur de la mort.
La peur de l'inconnu, derrière l'obscur voile du décès. La peur instinctive que l'Homme a de la nuit et de ce qui peut y roder. La peur viscérale de ce qui touche au corps et à la blessure, et ce qu'il y trouve de répugnant. Où même la peur de la punition, qui attend ceux qui commettent le tabou ultime selon les croyances qui ont façonné notre monde: la consommation de notre propre chair.

 

Merci à toi, qui eut la patience de lire ce complément à l'article du Prof, que j'ai modestement ajouté afin de pouvoir mettre un point final sur la créature dont les origines sont un cauchemar à retracer. 
A bientôt je l'espère, lors d'un article sur la mythologie biblique (je t'aurai, Spawy).

 

 


/Un Vagabond immobile


24/04/2016
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Les Roussalki

   Jeunes filles maudites par leurs parents, suicidées ou noyées, jeunes filles égarées dans la forêt ou mortes pendant la semaine de la Trinité, enfants volés par le diable, enfants morts avant le baptême... Les femmes mineures ayant connu une fin tragique risquent, selon la légende russe, de se changer en Roussalki, des créatures aquatiques aux intentions fort mauvaises. Les Roussalki, pluriel de Roussalka, sont des beautés dangereuses peuplant les eaux douces des rivières, lacs et étangs. Appelés Wilis dans le folklore serbe, elles s'apparentent aux naïades grecques.

 

roussalka2.jpgLorsqu'elles sont encore jeunes, leur beauté est saisissante et leur légèreté telle qu'elles peuvent bondir de branche en branche au-dessus de leur point d'eau. Leurs cheveux sont longs et épais, pouvant être roux ou verts (parce qu'il est bien connu que les cheveux roux relèvent du mythe), elles portent une couronne de fleurs pour seul vêtement, et leurs voix suaves ensorcèlent les hommes. Si elles se replient au fond de l'eau pendant l'hiver, elles sont particulièrement actives la semaine précédant la Trinité. Elles se répandent alors dans les roseaux et les champs environnants et entreprennent leur œuvre de séduction. Quand elles attirent le regard d'un pauvre hère, elles s'approchent de lui jusqu'à pouvoir poser leurs mains sur son torse. Alors, elles le tuent d'une manière particulièrement originale : elles le chatouillent à mort. La même douleur attend l'imprudent qui s'aventure dans l'eau pendant cette période, quand il ne se noie pas avant. Quant aux filles qui se feraient attraper et tuer, leur sort vous est déjà connu. Il est néanmoins possible qu'une Roussalka s'éprenne de l'une de ses futures victimes, et qu'elle l'emmène au fond de l'eau pour en faire son amant, en veillant à ce que ses poumons ne se remplissent pas de liquide. Elle le laissera ensuite ressortir, et il gardera éternellement la nostalgie de ce moment de volupté. A moins qu'il ne parvienne à glisser autour du cou de la Roussalka une croix chrétienne, auquel cas elle perdra ses pouvoirs et pourra être épousée. Mais ces unions ne sont jamais très heureuses.

 

Une fois âgées, les Roussalki perdent leur beauté et deviennent repoussantes. Elles emploient alors des méthodes moins subtiles pour attraper les passants et les achever. Elles s'éloignent de la communauté et préfèrent vivre seules, dans un petit coin de rivière désertique. Elles visitent régulièrement leur propre tombe et, si elles découvrent que celle-ci est mal entretenue, elles peuvent punir de mort leurs parents irrespectueux.

 



/Spawy

 

 


31/08/2016
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La Chichiga

chichiga2.jpg   La chichiga est le gobelin du folklore slave. De sexe féminin exclusivement, elle vit entre les roseaux, près des petits ruisseaux et des étangs. Elle se promène toujours nue et les cheveux défaits, mais ne vous emballez pas, car son corps n'a rien de très séduisant. Elle est bossue et ventrue, et possède des bras noueux ainsi que de longues oreilles pointues. Sa peau est froide au toucher et ses intentions ne sont pas amicales. Dormant tout le jour et ne s'éveillant qu'au crépuscule, elle harcèle les ivrognes qu'elle croise sur les routes et les attire dans l'eau pour les noyer - vous me direz, se noyer dans un ruisseau, c'est bougrement dommage. Elle ne peut s'en prendre qu'à des hommes ivres ou frêles, en raison de sa petite taille et de sa force réduite.
 
Il s'agit donc d'une figure malveillante du Petit peuple, dont la présence explique les décès en apparence accidentels d'ivrognes, pendant la nuit. Il reste cependant très probable que la boisson ne soit la véritable coupable.
 
Si vous allez boire un coup ce soir, évitez donc de traîner près des ruisseaux. On vous aura prévenus.
 
 
 
/Spawy

25/05/2016
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Le Poisson-évêque

   Bien le bonjour mes chers amis et bienvenue dans ce nouvel article traitant d’une créature dont on ne sait pas grand-chose et qui est assez ridicule au milieu des vampiresphénix et autres figures majeures de notre imaginaire (‪#‎PlacementdArticles‬).

 

Sans aller jusqu’au Dahut ou autre Bonnacon, le Poisson-évêque est quelque peu étrange, tant par son allure que par le manque d’informations dont on dispose à son sujet. Et on se demande qu’est-ce-c’est-donc-qu’est-ce-qui-fout-là ! Le poisson-évêque est un être mi-homme mi-poisson dont la tête est de telle forme qu’il parait porter une mitre (la toque des religieux catholiques, comme Saint Nicolas) et dont les nageoires semblent former la robe au-dessus des soutanes desdits religieux. Il est à noter qu’il se déplace aussi bien en nageant qu’en marchant et peut vivre dans l’eau comme sur la terre ferme. 


Il f12993504_1018589458222451_2277739960581456586_n.jpgigure à l’écrit pour la première fois au XVIème siècle mais sa première apparition dans le folklore est orale, en 1433. Cette année, donc, un pêcheur polonais remonte dans ses filets un drôle de poisson qui parle notre langue (enfin, le polonais) et qui ressemble à la description faite un peu plus haut. Intrigué par sa trouvaille, il ne se débine pas (courage ou alcool, nous ne saurons jamais) et s’en va montrer le poisson au roi de la Pologne. Ce dernier discute avec le poisson-évêque et après une table ronde avec des membres de l’église, le poisson confie qu’il tient le rôle d’évêque pour les sirènes, tritons et autres poissons et qu’il doit impérativement rentrer chez lui pour prodiguer la bonne parole de Dieu (oui, il est chrétien). Le concile improvisé des moines et du roi le laisse finalement repartir pour ses contrées sous-marines car la messe, c’est sacré ! Le poisson ne se fait pas prier et suite au bon accueil qu’il a reçu du roi et de ses confrères, s’en retourne chez lui après un petit signe de croix qui va bien.
On repêchera un poisson-évêque plusieurs années plus tard, en Allemagne cette fois-ci. Mais les allemands sont quelque peu plus rustres que les polonais. En effet, le poisson suppliera à force arguments religieux pour rentrer chez lui, mais on le capturera (sûrement pour en faire un monstre de foire ou quelque chose du genre). Privé de liberté et comprenant qu’il ne pourrait plus donner la messe, il refusera de s’alimenter et mourra de faim trois jours plus tard. Depuis, on n'a jamais revu plus de poisson-évêque.

 

Voilà qui conclut ce petit article sur un monstre méconnu du grand public et pourtant bien sympathique. On notera quand même que le poisson-évêque a très probablement inspiré la race des Zora dans le jeu The Legend Of Zelda. Sur cette note de culture geek, je vous donne mon salut et vous dit à la prochaine !

 

 

 

/Le Prof


24/04/2016
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Krampus

1476508_949068641841200_4912312713349253224_n.jpg  Bien le bonsoir, quelle que soit l'heure à laquelle vous lisez ces lignes, puisque je les écris alors que le soleil s'est déjà couché, à 18h30 (maudit sois-tu, solstice d'hiver).

Je viens vers ceux qui sont attentifs à mon verbe, pour vous parler d'une créature folklorique, qui est de bon ton avec la période que nous traversons... Enfin que nous venons de traverser. Et j'entends déjà les plus malins d'entre vous : "Hohoho, il va nous parler de Saint Nicholas, ou du père Noël, hé le vieux, l'article est déjà sorti !" Silence pauvre inconscient, je m'en vais vous parler d'un de ses pires collègues de travail.

Certains d'entre vous peuvent déjà être familiers avec le mythe de Krampus. Faisons bref pour sa description, car il est des choses sur lesquelles la bienséance refuse que l'on s'attarde.
Imaginez Satan, oui, lui même. Les sabots, les poils, et la carrure grotesque qui lui est caractéristique. Maintenant remplacez sa tête de chèvre par celle d'un bouc aux traits humains, ou un humain aux traits de bouc, peu importe. Atrophiez ses cornes et allongez les. Puis, maigrissez son corps et donnez lui une démarche aussi malveillante que maladive. Enfin, aiguisez ses dents, et sortez lui de la gueule, une langue fine et tortueuse. 
Vous vous trouvez devant Krampus, la créature qui fait trembler de peur le père fouettard occidental. Il est même parfois représenté couvert de chaines et de liens pour signifier son attachement à l'enfer.
Il existe une maxime populaire prétendant que si, à la place de dire aux enfant que le père Noël leur apportera du charbon s'ils ne sont pas sage, on leur disait que Krampus viendrait les trouver dans leur chambre pour les emporter avec lui, il y aurait beaucoup moins de délinquance juvénile dans le monde occidental. Quoique certaines versions le montrent en train de distribuer des branches de bouleau et les fameux morceaux de charbons. Peu crédible, qu'on ne me fasse pas croire que son sac dans le dos sert uniquement à transporter du linge sale.

Je dis bien sûr occidental, car vous l'aurez compris, cette créature nous vient du folklore austro-bavarois, et certains historiens pourraient même le rattacher à la période pré-chrétienne, et donc aux cultes paiens slovènes et bavarois.
Il semble originer des traditions alpines (pré-chrétiennes toujours), notamment inspiré du Dieu cornu, figure de la religion Wiccane. Émanant de ces tradition de nombreux rites païens germaniques, où dans certaines fêtes on faisait défiler des diablotins masqués, il semble s'être popularisé vers le XVIIeme siècle, où il a été finalement associé avec Saint Nicholas, par les célébrations chrétiennes. Il semble avoir traversé de nombreuses frontières et cultures, et on peut le retrouver même jusqu'en Croatie.

Tout ça pour dire quoi finalement.
Si l'on devait donner une date de création au Krampus, le pauvre bougre qui se verrait confier la tâche se retrouverait dans une impasse. Car vous l'aurez compris, il s'agit là d'une créature qui traverse le temps et les cultures. Il est né avant Noël, pourtant il est le compagnon de Saint Nicholas. Il est associé à Satan alors que ses origines remontent jusqu'avant la christianisation. Il est représenté tantôt comme un homme, tantôt comme un animal diabolique, et son apparence a changé de nombreuses fois avant de se stabiliser au 17ème siècle.
Messieurs mesdames, il existe des créatures qui s'adaptent et évoluent à travers le temps. Au lieu de mourir et de s'éteindre dans de vieux livre d'histoire, elles sont remodelées et reviennent sans arrêt à la vie comme un édifice qui s'écroule, et qui est constamment réparé et redécoré.

Je vous laisse à vos cauchemars et vous souhaite d'être très, très, très sages durant l'année à venir. Rendez vous service, vous ne voulez pas être sur sa liste...
 
 

/Un Vagabond Immobile
 

29/12/2015
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Le Golem

   Bien le bonjour. Non ne répondez pas, je ne peux pas vous entendre. Pas de cérémonie, pas d'entrée en matière vu que la créature du jour possède une longue genèse, et que j'aimerais garder cet article à une longueur décente pour vous, cher lecteur, lectrice. Nous abordons un sujet qui me tient profondément à cœur car il est question de folklore slave : Le Golem.

 

La première apparition du golem est à dater de très loin, puisqu'il est mentionné dans les Psaumes 139:16 dans le passage suivant : "Galmi, tes yeux ont vu." (Galmi prenant ici le sens de mon Golem). En hébreu "גולם" signifie informe, inachevé, et c'est ainsi que le Golem est représenté. C'est un être artificiel, formé à partir d'argile, comme le furent les premiers humains selon la genèse, à la différence d'avoir été façonné par les hommes, et non par Dieu, expliquant sans doute son imperfection. Il est de forme humanoïde et a pour but de défendre et de servir son créateur jusqu'à la mort.


Mais le golem apparut véritablement dans les rues de Prague, selon la légende du Maharal, une source secondaire, que je vais vous conter :

 

Il golem.jpgfut créé par le rabbin Yehudah-Leib au XVI siècle, qui était le Maharal de Prague, en vue de défendre la communauté Juive face aux actions des Pogroms suite à l'inactivité des autorités. Façonné à partir de glaise humide, il reçut la vie par le mot EMETH, qui fut inscrit sur son front, signifiant vérité en hébreu et étant l'un des noms de Dieu. Sa naissance fut complétée par l'introduction d'un parchemin dans sa bouche, sur lequel était inscrit le nom innefable de Dieu, celui que les hommes ne prononcent pas. Le golem se leva.


Cependant, suite à une longue ellipse, une facilité scénaristique et un manque de documentation historique (restons-en au sujet voulez-vous?), le Golem dut un jour être stoppé. Ayant trop grandi pour que le rabbin ne puisse atteindre son front afin d'effacer la première lettre de EMETH et transformer son nom en METH, signifiant mort, il lui demanda de lasser ses chaussures. Ce qu'il fit en posant un genou au sol. Le Maharal put donc atteindre son front, et effaça alors la première lettre du nom divin qui lui donna jadis la vie. Glaise il était, glaise il redevint. 
La légende se poursuit en affiramant qu'il est désormais entreposé dans la genizah, qui sert à entreposer les écrits hébreux, scellé et enfermé dans le fond de la synagogue de Josefov.

 

Comme toutes les créatures issues de mythes et de légendes, la vision du public a évolué pour en faire une créature de pierre (ou tout autre élément, on trouve aisément des golems de glace, de bois ou même de fer) avec une fidélité toute relative à la légende originelle. 
Il est perçu comme un être artificiel crée a partir de matière originellement inerte par un sorcier afin de le servir et possède plus ou moins d'intelligence selon l'auteur qui les décrit. Désormais le terme d'élémentaire est celui qui est le plus utilisé.

Ceci concluera donc notre article : malgré de nombreuses sources divergentes plus ou moins anciennes, et une évolution qui dénatura légèrement ce qu'est le Golem, il est à noter qu'un point ne change pas, il est un être artificiel créé à partir de matière inerte servant fidèlement son créateur. Et quelque soit son nom, son origine et son processus de fabrication, il mérite parfaitement son appellation de Golem : un être artificiel, imparfait et provisoire.

 

Je vous laisse chers amis lecteurs, avec une illustration du golem que j'ai choisie pour sa fidélité à la légende originelle, et avec l'espoir que mon humble article vous aura satisfait.

 

 

 

/Un vagabond immobile


13/08/2015
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Baba Yaga

   Figure marquante du conte russe ou polonais, Baba Yaga en est typique, car elle n'apparaît nulle part ailleurs dans la littérature slave. Elle est toujours l'adversaire du héros de l'histoire et loge dans une surprenante cabane en bois juchée sur deux pattes de poulet, bien trop petite pour lui permettre de vivre confortablement. Il arrive cependant que dans le même conte, plusieurs Baba Yaga interviennent. Il faut donc transcrire le nom propre en nom commun dans la traduction française. 

 

baba-yaga.jpg


Baba Yaga est une ogresse ou une sorcière qui ne possède qu'une seule jambe sans chair laissant apparaître l'os. Elle est hirsute, mal coiffée, et ne porte pas le foulard russe. Elle est maigre à en être squelettique et ridée. Baba Yaga apparaît le plus souvent comme une personne âgée car selon certains contes, elle vieillirait d'un an chaque fois qu'on lui poserait une question. Mais elle aurait la possibilité de gagner du temps de vie en rajeunissant grâce à une décoction de roses bleues que certains voyageurs lui apporteraient. 

Comment se déplace-t-elle ? Hé bien, au lieu de sauter sur son unique jambe, elle vole accroupie dans un mortier en s'aidant d'un pilon comme s'il s'agissait d'un gouvernail. Pour ne pas être repérée, elle efface soigneusement les traces qu'elle peut laisser derrière elle avec un balai taillé dans le bois d'un bouleau. Elle n'est pour autant pas très discrète lorsqu'elle se déplace, puisqu'elle est accompagnée d'une foule hurlante d'esprits et d'un vent violent qui fait grincer les arbres. 
Elle vit dans la forêt où elle commande aux animaux et aux oiseaux et selon certains récits, est la mère célibataire de une à quarante-et-une filles - ce qui fait tout de même beaucoup de grossesses, surtout quand on sait qu'elle va accidentellement les tuer dans Baba Yaga et Petit Bout. Il lui arrive également de dominer les phénomènes célestes en dictant ses ordres aux Cavaliers Blanc (le jour), Noir (la nuit) et Rouge (le soleil). 


Bilibin._Baba_Yaga.jpgBaba Yaga dévore les voyageurs grâce à sa bouche immense et à ses dents tranchantes. Elle est une chasseresse qui poursuit principalement les jeunes enfants pour les faire rôtir dans le four de sa maison. Celle-ci apparaît lorsqu'on récite une formule magique et ne possède dans certains contes ni porte ni fenêtres. Elle se déplace grâce à ses pattes disproportionnées et peut tourner le dos au monde des vivants pour créer un passage vers celui des morts. C'est souvent au héros d'ordonner à la maisonnette de se retourner. 

Baba Yaga peut être vue comme une gardienne du royaume des morts, ou comme une morte directement. Sa jambe d'os et sa cabane aussi étroite et sombre qu'un cercueil semblent aller dans ce sens. Cependant, elle n'est pas dans tous les contes qu'une figure terrifiante et cannibale. Il lui arrive de devenir miraculeusement bienfaisante envers le héros qui parvient à pénétrer dans sa demeure. Celui-ci peut alors lui poser des questions et recevoir d'elle des objets magiques.

 


/Spawy


10/08/2015
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