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Créatures


Les Sirènes

1470070_660163044022488_103093006_n.png   Il existe deux espèces de sirènes, l'une mi-femme mi-oiseau que l'on trouve dans l'antiquité gréco-romaine, et l'autre mi-femme mi-poisson qui figure dans le folklore médiéval scandinave. Elles sont distinguées dans la langue anglaise grâce aux termes siren et mermaid. C'est cette seconde espèce que nous allons aujourd'hui étudier. 

Les sirènes à queue de poisson apparaissent pour la première fois en Norvège, au début du Moyen-Âge. Elles sont alors décrites comme de très grandes créatures à buste et visage de femme et à corps de poisson. Mais il est parfois fait mention à leur sujet d'ailes qui entretiennent une certaine confusion avec les sirens de la mythologie gréco-romaine. Leur beauté n'est pas mise en avant avant le VIIè siècle, où elles deviennent à l'instar de leurs consœurs de terribles tentatrices. Elles sont encore confondues avec les sirènes à corps d'oiseaux jusqu'au XVè siècle, où elles prennent un ascendant clair sur elles, jusqu'à les supplanter dans l'imaginaire collectif. Elles sont aujourd'hui les plus célèbres, leurs ancêtres étant souvent oubliées. Leur existence réelle a longtemps été tenue pour certaine et Christophe Colomb lui-même prétend en 1493 en avoir aperçu trois lors de ses périples. Il aurait d'ailleurs été déçu de ne pas les trouver belles. L'hypothèse principale pouvant expliquer sa déclaration est qu'il aurait croisé un groupe de lamantins, ces gros mammifères herbivores à la queue plate dont les cris plaintifs peuvent rappeler une voix humaine. Il ne serait alors pas étonnant qu'il n'ait pas trouvé les sirènes à son goût... 


La légende des sirènes se répand vite en Europe au cours du Moyen-Âge. On les aperçoit le long des côtes anglaises et néerlandaises, parfois même dans des rivières. La plus célèbre d'entre elles chante du haut d'un rocher qui surplombe le Rhin, en Allemagne, et se prénomme Lorelei. Elle se peigne et fait résonner une voix mélancolique si mélodieuse que les marins en oublient les courants et se noient. La proximité de ce récit avec celui d'Homère mettant en scène la rencontre d'Ulysse et des sirènes à corps d'oiseau n'est pas sans entretenir la confusion qui règne entre les deux espèces. Lorelei est un parfait exemple de la nature double des sirènes, à la fois enchanteresses et morbides, et ce qu'elles soient grecques ou scandinaves. 

 

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Pour résumer, les mermaids possèdent un buste de femme et la plupart du temps un visage humain d'une grande beauté. Il arrive cependant que leurs traits soient laids et leurs cheveux sont parfois dépeints comme composés d'algues. A partir du nombril, elles arborent une queue écailleuse. Elles sont presque toujours présentées comme malveillantes et usant de leurs charmes pour attirer les bateaux sur les récifs ou les marins au fond de l'eau. Figures profondément érotiques, elles aiment séduire, mais à cause de la forme poissonneuse du bas de leur corps, elles ne peuvent jamais assouvir le désir qu’elles provoquent chez l’homme. En raison de cela, le terme de sirène est parfois employé pour désigner une femme tentatrice mais perfide. Il s'agit donc d'une créature essentiellement féminine, mais des hommes à queue de poisson figurent dans la mythologie grecque. Il s'agit des tritons, les descendants du dieu du même nom. 

  

 


/Spawy


25/06/2014
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Le Kraken

   Le kraken est une créature cauchemardesque issue de la mythologie médiévale scandinave. Puisqu'il a l'apparence d'un poulpe géant pourvu de tentacules démesurés, la majeure partie des histoires où il apparaît lui attribuent la capacité de broyer et couler la coque des navires ; noyant et tuant, de ce fait, les malheureux marins à bord. L'origine de la légende remonterait aux premières observations vivantes de calamars géants, dont la longueur est estimée à une quinzaine de mètres, tentacules compris. Ces créatures vivent normalement à des profondeurs quasi abyssales mais certaines auraient été observées proches de la surface et auraient effectivement attaqué les navires. Vraisemblablement, ces histoires ont été largement exagérées. Car si en effet il y a fort à penser qu'un calamar géant soit en cause dans quelques attaques, aucun n'est capable de cela :

 

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Personne n'a jamais vu l'entièreté du corps du kraken tant sa taille est colossale. En 1752, le Danois Éric Pontoppidan, évêque de Bergen, publie une célèbre Histoire naturelle de Norvège, œuvre très accueillante et crédule. Dans ses pages, on lit que le dos du kraken a un mille et demi de longueur et que ses bras peuvent étreindre le plus grand navire. Son dos émergeant recouvert d'algues et de parasites lui donnant l'apparence trompeuse d'une île, Éric Pontoppidan en arrive à formuler la règle suivante : une île flottante est toujours un kraken. Plutôt appétissant non ? 
Les premiers contes décrivent donc le kraken comme un animal gigantesque, la plupart du temps endormi, dont la descente rapide au fond de l'océan ou la remontée tout aussi soudaine à la surface génèrent des tourbillons extrêmement dangereux pour les bateaux. S'il s'empare de l'un d'entre eux, il l'attire au fond de l'eau sans oublier de le briser de ses tentacules puissants. Il ne se nourrit qu'une fois par semestre puis entre dans une phase de digestion au cours de laquelle il dégage une odeur suave qui attire tous les poissons autour de lui. L'une des premières descriptions suédoises de la bête est donnée par Jacob Wallenberg en 1781, dans son livre Min son på galejan (« Mon fils sur la galère ») :

« … Le kraken est aussi appelé "crabe-poisson" et n'est pas, d'après des pilotes norvégiens, tellement énorme, tête et tentacules comprises. Il n'est pas plus grand que notre Öland (c'est-à-dire moins de 16 km)… Il reste à la mer, constamment entouré par d'innombrables petits poissons qui lui servent de nourriture et qui sont alimentés par celui-ci en retour : son repas, si je me souviens bien, écrit E. Pontoppidan, ne dure pas plus de trois mois, et trois autres sont ensuite nécessaires pour le digérer. Ses excréments nourrissent par la suite une armée de poissons, et pour cette raison, les pêcheurs sondent les fonds après son passage… Peu à peu, le kraken monte à la surface, et, quand il est à dix ou douze brasses de celle-ci, les bateaux ont mieux à sortir de son voisinage ou ils devront craindre leur destruction. Telle une île flottante, l'eau jaillissant de ses terribles narines forme des vagues spiralées autour de lui pouvant atteindre un grand nombre de miles. Peut-on douter qu'il s'agisse du Leviathan de Job ? »

 

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Voici un poème datant de 1830, écrit par le poète Alfred Tennyson, qui influencera grandement quelques années plus tard un certain Jules Vernes. 

"Sous les agitations de la surface,
Loin, loin, dans le calme des abysses,
Enveloppé de son très vieux sommeil sans rêve,
Repose le Kraken.
De faibles reflets de lumière
Frôlent ses flancs ténébreux.
Des éponges géantes, millénaires,
L’entourent.
Dans la pénombre des cavernes infinies,
D’énormes poulpes
Démêlent de leur bras la verte statuaire.
Il s'y repose depuis les premiers âges
Et toujours monstrueusement grandit,
Dévorant d’immenses vers marins,
Jusqu'à la Fin des Temps, le dernier incendie,
La rouge Apocalypse.
Alors, pour la première fois,
Il sera vu des hommes et des anges.
Il se réveillera dans l’horreur pourpre,
Il montera à la surface
Et y mourra."

Le Kraken a largement bercé et marqué l'imaginaire de nombreuses personnes et on le trouve représenté de multiples fois, sous de multiples supports (ça fait beaucoup de multiples). Dans la littérature (Verne, Tolkien, R.R. Martins, Pratchett...), dans les jeux vidéos, dans les jeux de cartes comme Magic the Gathering, dans les mangas et plus récemment au cinéma, notamment dans la série des Pirates des Caraïbes mais également dans le Choc des Titans.

 

 


~le Voyageur


26/06/2014
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Fáfnir le Dragon

   Fáfnir est le fils du magicien Hreidmar, roi avare du peuple nain, et le frère de Regin et d'Ótr. Il ne prendra la forme d'un dragon qu'après s'être emparé par la force du trésor de son père.

 

Selon la légende, les dieux OdinLoki et Hœnir tuent d'un coup de pierre une loutre avant de se rendre chez Hreidmar pour lui proposer d'en partager la viande - maigre repas pour quatre personnes, mais louons l'intention. Cependant, coup de théâtre ! Hreidmar reconnaît en l'animal son malheureux fils Otr, qui appréciait pêcher sous la forme d'une loutre et qui n'aura pas fait long feu dans notre histoire. Avec l'aide de ses deux autres fils, Fáfnir et Regin, et grâce à de puissantes chaînes réputées incassables, il emprisonne les trois meurtriers. Puis il exige en guise de réparation une quantité d'or qui permettrait de remplir et de recouvrir complètement la peau de la loutre, rendue extensible par un sort. Loki est envoyé chercher un trésor qui soit suffisant et s'empare pour cela de la fortune du nain Andvari. Parmi elle un anneau que ce dernier enchante, avant de le céder, pour le rendre mortel à quiconque le posséderait. Les dieux s'acquittent ainsi de leur dette, sans cacher la malédiction d'Andvari.

 

Fafnir.jpgMais l'argent divise la famille naine et Fáfnir et Regin, désireux de s'emparer du trésor, s'associent pour tuer leur père. Le forfait commis, Fáfnir s'enfonce encore dans la cupidité et la trahison et refuse de laisser à son frère la moitié de l'or. Le menaçant, il l'oblige à fuir, avant de se rendre à Gnitaheid où il prend l'apparence d'un serpent et se couche sur son or pour le protéger des convoitises. Regin, de son côté, s'établit comme maître-forgeron et devient le père adoptif du héros Sigurd, qu'il engage à plusieurs reprises à s'emparer de l'or de Fáfnir. Pour cela, il lui forge une, puis deux épées, que Sigurd brise en les éprouvant. Seule l'épée légendaire Gram, que Sigurd parvient à réparer après qu'elle ait été détruite, lui semble à la hauteur du défi. Suivant les conseils de Regin, il creuse une fosse sur le chemin que Fáfnir a l'habitude d'emprunter pour aller se désaltérer dans un lac. Ainsi lorsque le serpent rampe au-dessus de la fosse, le héros le transperce de son épée. Blessé, Fáfnir engage une conversation avec son bourreau et lui révèle la malédiction de l'anneau d'Andvari. Il met également Sigurd en garde contre Regin, que la cupidité n'a pas épargné et qui projette de s'emparer de l'or une fois le dragon occis. Quand il s'éteint finalement, Sigurd se baigne dans son sang et acquiert ainsi une résistance exceptionnelle. Il rapporte ensuite sa dépouille et cuisine son cœur, dont s'échappe une goutte de sang qu'il porte à ses lèvres. A cet instant, il comprend le langage des oiseaux, qui lui apprennent les plans de Regin pour se débarrasser de lui. Anticipant le crime, Sigurd décapite Regin, mange le cœur de Fáfnir et conserve le trésor. 

 

 


/Spawy


26/06/2014
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Le Troll

   Chères lectrices, chers lecteurs, laissez-moi aujourd'hui vous parler d'un digne représentant du petit peuple : le Troll ! Cette adorable créature pleine de charmes et de bonnes manières par laquelle on rêve tous d’être invité à dîner, sans pour autant servir de souper. 


Nom : Troll, Jǫtunn, þurs, risitroll.jpg

Apparence : Minuscule ou géant selon

les sources

Taille : Selon certaines sources 1 mètre,

selon d'autres entre 5 et 15 mètres de haut 

Âge (approximatif) : De 60 jusqu'à 1000 ans

Origine : Scandinave

Appartenance : Petit peuple

Caractéristiques : Est une force de la nature

Lieu de résidence : Mers, montagnes, forêt,

sous les ponts

 

Le Troll est un être appartenant à la mythologie nordique. Il illustre les forces brutes de la nature et il est parfois mis en opposition aux hommes et aux dieux dans les histoires. Souvent confondu avec les géants nordiques, le troll est, dans beaucoup de légendes, un représentant du petit peuple. En effet, il en serait un protecteur. Il apparaît essentiellement au moyen-âge, dans les récits nordiques, comme un être surnaturel, bestial et dangereux pour l'homme. Il vit en reclus dans les montagnes, forêts et mers, s'aventurant de temps à autres près des demeures des hommes pour dévorer quelques animaux, voire des troupeaux entiers certaine fois. Diabolisé par le Christianisme, qui lui attribue un penchant pour la viande de religieux, le troll est souvent confondu avec l'ogre ou encore le géant.


Il existe deux grandes catégories de trolls :

- Les trolls des bois, qui mesurent entre 25 centimètres et 1 mètre de haut et arborent une peau couleur terre. Ils sont pourvus de grandes oreilles et d'un long nez. Leur comportement est agressif et ils ne peuvent sortir à la lumière du jour.

- Les trolls communs qui mesurent entre 5 et 15 mètres et dont la peau tire sur le vert. On les voit souvent avec un gros gourdin et vêtus d'un bout de tissus. Ils sont forts et presqu'intelligents.

 

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Bien que les premières mentions de trolls dans les histoires des hommes proviennent de chants, poèmes et autres contes oraux, la présence massive des trolls dans le monde des hommes se fait ressentir durant l'époque contemporaine. Il demeure en effet un personnage de fiction, que l'on retrouve dans beaucoup de domaine. Ils sont souvent représentés comme des colosses, bestiaux, peu futés mais d'une grande force et d'un appétit gargantuesque. On les retrouve essentiellement dans la littérature dite de Fantasy, comme chez Tolkien, où ils sont relativement très présents. On les trouve aussi chez J.K Rowling, auteure d'Harry Potter et évidemment dans la littérature suédoise et finlandaise. On peut également trouver les trolls dans la bande dessinée, principalement dans Troll de Troy et Lanfeust de Troy de Arleston et Tarquin, qui sont des BD de fantasy et d'humour. Enfin on peut trouver des Trolls dans les jeux dit de rôles (JdR papiers), les jeux vidéo (Warcraft par exemple) mais également au cinéma, comme dans le film Willow (1988) de Ron Howard, où le magicien va devoir en affronter plusieurs ; ou encore Troll Hunter (2010) d'André Øvredal, qui est un film réalisé à la manière d'un documentaire, sur les différentes races de trolls vivants en Norvège.

Comme vous le voyez chers lecteurs, le Troll est une figure emblématique de la mythologie et du fantastique, qui fait parler de lui depuis des centaines d'années et qui ne semble pas prêt d'en avoir fini.

 

 


~ le Voyageur.


26/06/2014
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Les Nains

  Dans la mythologie nordique, les Nains apparaissent sous le terme de Dvergr, que l'on peut traduire par "tordu". Plusieurs auteurs tels que Régis Boyer, professeur de littérature et de langue scandinave, en déduisent que « les nains semblent avoir été les morts, comme le suggère l'étymologie de dvergr, puisque les défunts étaient inhumés en position fœtale ». Le vieux norrois attribue d'ailleurs aux Nains des noms tels que "Trépassé" et "Cadavre". Ceux-ci vivant principalement sous terre, le lien semble évident. 

 

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D'après la cosmogonie nordique, le géant primordial Ymir fut tué puis démembré par Odin et ses frères Vili et Vé. De son cadavre en décomposition furent retirés des vers, auxquels les dieux décidèrent de donner forme humaine et intelligence. Ainsi naquirent les Nains, dont le tout premier fut baptisé Mogsognir. Mais les dieux les trouvèrent si laids, qu'ils les condamnèrent à demeurer sous terre, où l'on trouve les larves qui leur avaient donné la vie. Cette même terre fut créée par eux à partir du corps d'Ymir. Des cheveux du défunt géant ils firent des arbres, de ses os des montagnes, et de son sang les rivières et les mers. Avec son crâne, les dieux formèrent le ciel, qu'ils choisirent de faire reposer sur quatre Nains. A l'image d'Atlas portant le ciel, Nordri, le Nain du coin nord, Sudri, le Nain du coin sud, Austri, le Nain du coin est, et Vestri, le Nain du coin ouest, supportent le poids de la voute céleste. 
Les deux Nains Modsognir et Durin, les plus puissants de tous, finirent le travail des dieux en mettant eux-même au monde une tripotée d'autres Nains. L'un des Nains ainsi créés, celui qui se spécialisera dans la sorcellerie, se nomme Ganndalf. L'inspiration qu'a puisée J.R.R Tolkien dans la mythologie nordique est claire.


Battle_dwarf_of_Khazad_Dum_by_baardk.jpgLes Nains se caractérisent de manière générale par leur grande habileté. Ce sont eux qui fabriquent la majorité des attributs divins depuis leurs grottes souterraines parsemées de pierres précieuses. A titre d'exemple, Mjöllnir est le nom de l'une des plus puissantes créations des Nains : le marteau de Thor, le dieu du tonnerre. Il est à la fois un objet de destruction, de fécondité et de résurrection. Ce puissant marteau, dont le manche est brûlant, nécessite pour être utilisé un gant métallique magique et une force légendaire. Mjöllnir pourrait signifier "Eclair". Une autre création des Nains se nomme Draupnir. Il s'agit de l'anneau d'Odin, synonyme d'abondance et de pouvoir. Il se multiplie par neuf tous les neuf jours, consolidant ainsi la fortune et la domination d'Odin. 


Les Nains sont également capables d'apprendre la magie et possèdent pour eux-mêmes une grande quantité de richesses. Mais de leur parenté avec les géants (si, avoir mangé le cadavre d'un géant alors qu'on était encore un vers, ça crée un lien), ils tirent leur principal handicap. En effet, ils se transforment en pierres à la lumière du jour. S'ils ne surveillent pas assez le temps qu'ils passent à la surface, ils deviennent l'une des multiples roches qui caractérisent le paysage nordique. 

 

Etonnamment, aucune mention n'est faite de leur taille dans les récits les plus anciens. Ce n'est que dans les sagas tardives qu'ils deviennent les petits hommes que l'on connaît. 

 

 


/Spawy


22/01/2015
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Le Berserker

   Bien le bonjour, mes petits amis. J’espère que vous ne craignez pas le froid car aujourd’hui on s’en va en voyage scolaire dans les lointaines contrées nordiques scandinaves. Alors préparez vos moustaches, manteaux en peaux de bébé phoque, drakkars et collectors de Skyrim et allons ensemble compléter nos connaissances vikings. Je préfère vous prévenir séance tenante, je n’ai toujours pas internet au moment où j’écris. Donc, il sera plutôt question ici d’un article à la sauce Vagabond Immobile.
 
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Aujourd’hui, donc, nous allons causer berserker. Je ne pense pas me tromper quand je dis que la plupart d’entre vous connaissent l’état berserker ou la capacité de berserk, tous deux très présents dans la culture rôliste. Vous serez donc surpris – ou pas – de savoir que les rôlistes ont piqué cela à la mythologie nordique.

Le berserker. Est-ce une créature d’un autre monde ? Une divinité ? Un autre fils improbable de Loki ? Pas du tout, jeune profane. Un berserker est un homme. Je dis bien « un » parce qu’il y eut plusieurs berserkers. Les premières et seules traces de berserkers viennent, comme à peu près tout ce qui touche la mythologie nordique, de l’Edda poétique. Vous savez certainement que la culture du guerrier est très présente dans ce qu’on sait de cette époque. Songez alors aux guerriers humains qui ont brillé particulièrement sur des champs de bataille épiques. Ces guerriers, les dieux les ont remarqués. Et malins comme ils sont, – si vous n’aviez pas encore compris que les dieux nordiques ne sont pas que des blondinets super bourrins, allez relire les articles sur cette mythologie – ils se disent que les avoir dans leurs rangs quand ils vont poutrer quelque ennemi d’Asegard ne serait pas une mauvaise idée. Mais aussi valeureux soient-ils, les hommes sont faibles. C’est pourquoi les dieux les pourvoient d’armes « magiques » – probablement sorties des manufactures naines – qui décuplent leur puissance.

Dans la culture populaire, le berserker est un individu dans l’état de berserk ou capable d’entrer dans cet état. L’état de berserk est assez dangereux, autant pour son manieur que son entourage. Pour le manieur donc, parce que le berserk est assez compliqué à utiliser, ne se déclenchant pas à volonté (de même pour son arrêt). Aussi a-t-il tendance à se manifester lors d’une forte charge émotionnelle ou d’une mort imminente. De plus, ce décuplement de puissance met à rude épreuve le physique du berserker (imaginez utiliser 200% de votre force sans aucune retenue). Le berserk est à côté de cela assez dangereux pour son entourage. En effet, il laisse place à toute sa rage et son animalité, souvent à défaut de sa raison. Reconnaître qui est ami ou non est donc très difficile. Le berserker va alors faire simple : dans le doute, taper tout le monde.

Voilà, je pense vous avoir donné un bon aperçu du berserker. Maintenant je m’en retourne à ma lassitude devant la pluie incessante de ce pays horrible qu’est la Corrèze. A plus tard dans le drakkar !
 


/Le Prof

28/06/2016
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La Huldre

   Connaissez-vous la bergère à queue de vache ? Non ? C'est normal, car la Huldre est presque inconnue de nos contrées.

 

S'il est né de la tradition orale norvégienne, le mythe des Huldres a connu une réécriture chrétienne qui seule aujourd'hui propose une explication à la naissance de ces créatures à l'apparence faussement humaine. Je vais donc vous conter cette version, afin de satisfaire l'usage qui veut que l'on commence une histoire par son début. Tout partit d'une situation banale. Une femme, mère de plusieurs enfants, lavait ces derniers dans son chalet quand Dieu en personne entra dans sa maison (fin de la banalité). Comme elle n'avait pas achevé son ouvrage et que les marmots n'étaient propres que de la tête et du torse, la femme cacha le bas de leurs corps, dont la saleté lui faisait honte. Dieu, voyant cela, décida que plus jamais l'humanité ne devrait avoir à poser les yeux sur la moitié souillée des corps de ces enfants (parce que, c'est tout). Les jeunes garçons s'en tirèrent sans séquelles, mais les filles, elles, virent leurs corps se déformer sous la malédiction : une longue queue de vache leur poussa, et leurs dos se creusèrent jusqu'à former un trou au niveau de leurs colonnes vertébrales. Elles devinrent ainsi les premières Huldres (hulderfolket si nous voulons employer le pluriel correct). Une variante suédoise préfère une queue de renard à une queue de vache, sans doute pour évoquer une certaine perfidie de la créature, mais c'est une version bien moins prisée.

 

Réfugiées dans la forêt, les Huldres n'eurent plus qu'un seul objectif : épouser un homme. Il s'avéra en effet que le sacrement du mariage était l'unique porte de salut de ces femmes. Au jour de la cérémonie, et à condition que l'union soit consentie et sans violence, leur horrible queue tomberait et leur dos redeviendrait visible (là apparaît tout l'intérêt de la légende pour la religion chrétienne, qui encourage à travers ce biais une vie maritale rangée et sans excès). Sortant de la brume déguisées en bergères, elles abordèrent alors les hommes qui passèrent près de leur cachette, et presque toujours, elles parvinrent à les séduire, grâce à la Huldre Slaat, une chanson envoûtante qu'elles scandèrent. Il faut préciser par ailleurs que la nature les avait particulièrement gâtées, et qu'elles étaient plus belles que n'importe quelle humaine. Cependant, la séduction n'aboutit qu'à peu d'épousailles. Il fut en effet difficile pour la plupart d'entre elles de dissimuler leur appendice caudal sous leur jupe, et les jeunes prétendants furent révulsés à cette vue. Les Huldres devinrent alors les succubes des bois, condamnées à attendre un homme capable de supporter leur difformité. Elles établirent des rituels, et suivant le statut du garçon qui passait près d'elles, elles adaptèrent leur attitude. Si l'individu était marié, elles apparaissaient nues, tentatrices, en véritables démones. Mais s'il était célibataire, leur objectif reprenait le dessus, et elles se présentaient en bergères timides et jolies.

 

13902715_1093407064074023_8303114713655731239_n.jpgCommençait alors une période complexe de séduction. Si l'homme était assez amoureux pour supporter la queue de vache et la difformité du dos, la Huldre le mettait à l'épreuve. Il devait, pendant une longue période, pouvant aller jusqu'à plusieurs années, taire le mariage à venir et rester à distance de sa promise, sans l'oublier. S'il était capable de passer des mois, ou des années, sans voir la Huldre et sans la tromper, alors ses sentiments étaient jugés assez purs pour mériter qu'elle se donne à lui. Bien entendu, cela arriva peu... Et pourtant, cela valait le coup. Car les Huldres qui parvinrent à trouver leur prince se révélèrent d'excellentes épouses, créatrices d'un profond et pur bonheur. Il ne s'agit donc pas de créatures malfaisantes, même si certaines de leurs actions peuvent être mauvaises.

Des coutumes aujourd'hui disparues naquirent de ce mythe. Avant de faire bâtir une maison, ses futurs occupants devaient passer une nuit entière sur le terrain qui la verrait sortir de terre, avec tous les outils. S'ils faisaient de mauvais rêves à cette occasion, ils en déduisaient qu'une Huldre vivait non loin et qu'elle tenterait de s'en prendre à leur mariage. Ils changeaient alors leurs projets.

 

J'espère que cela vous a plu, et que vous saurez quoi faire si un jour votre petite amie révèle une longue queue de vache.

 

 

 

/Spawy


18/08/2016
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Les Elfes

   Bonsoir tout le monde ! Aujourd'hui je vous propose de retourner à la mythologie scandinave pour y retrouver une figure des plus célèbres : les elfes. Il sera peut-être nécessaire, pour comprendre certains noms de lieux, de vous référer à notre article sur Yggdrasil.

Depuis le succès des œuvres de J.R.R Tolkien, les elfes sont perçus comme des êtres de grande beauté, immortels, dotés de pouvoirs magiques et ne se distinguant physiquement des humains que par leurs oreilles pointues. C'est d'ailleurs ainsi que Le Prof vous les a présentés dans ses articles relatifs aux créatures de l'univers de cet auteur que nul ne peut ignorer. Il ne s'agit cependant que d'une réinterprétation d'un mythe plus ancien, dans lequel elfes et nains ne sont pas si différents. Comment ? Qu'ouï-je ? Elfes et nains semblables ? Hé oui, non seulement semblables, mais bien souvent confondus, du moins dans les premiers temps qui suivirent la migration d'une partie des elfes scandinaves, dénommés Alfes, sous la terre.

Les Alfes de la mythologie nordique sont en effet divisés en deux sous-espèces, que Snorri Sturluson désigne comme les Alfes sombres et les Alfes lumineux. Les premiers sont petits de taille et vivent sous terre, à l'instar des nains, et les seconds présentent une apparence belle et radieuse qu'il ne faut surtout pas interpréter comme le signe d'une bonté de caractère. Tous seraient associés à la fertilité et à la guérison et posséderaient un caractère semi-divin. Ils seraient néanmoins capables de toutes les méchancetés, autant que de bonnes actions.

Snorri Sturluson écrit après avoir lu l'Edda : "Il y a un endroit là [dans le ciel] qui s'appelle la demeure elfe (Álfheimr). Les gens qui y vivent sont appelés les elfes lumineux (ljósálfar). Mais les elfes sombres (dökkálfar) vivent ci-dessous dans la terre, et ils ont une toute autre apparence — et très différents d'eux en réalité. Les Elfes Lumineux sont plus lumineux que le soleil en apparence, mais les Elfes Sombres sont [ténébreux]."

14462886_1137456933002369_3136086139857180127_n.jpgSuite à une violente guerre ayant opposé deux clans d'Alfes qui, alors, n'étaient pas si différents, toute une partie de la population dut quitter Alfheim, gouvernée par le dieu Freyr. N'ayant aucun endroit où aller, le groupe s'enfonça sous terre, jusqu'à rencontrer les nains. Ceux-ci les prirent en pitié et voulurent bien leur concéder un morceau de territoire, qui devint Svartalfheim. La proximité géographique, et bientôt physique, des deux espèces aboutit rapidement à une confusion dans les esprits. Pourtant, ces Alfes, qui prirent alors le nom d'Alfes sombres, s'accrochèrent longtemps à leur ancienne existence lumineuse. Ils tentèrent de recréer un monde végétal à partir du minéral, en disposant des gemmes de manière à former des semblants d'arbres, et placèrent les plus beaux diamants sur les plafonds de leurs cavernes, pour qu'ils étincellent comme une nuit étoilée. L'illusion ne dura qu'un temps et, bientôt, les Alfes sombres s'enlaidirent. Leur peau blanchit, leurs yeux devinrent noirs, et leurs cheveux prirent une teinte argentée.

 
 

/Spawy

12/10/2016
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Garm

  Bien le bonsoir. Puisque nous sommes dans la mythologie scandinave, j'aimerais faire un petit détour par les enfers, Helheim de leur petit nom, afin d'en rencontrer le gardien. Ce ne sera pas bien long, ne vous inquiétez pas, il n'aura pas le temps de se montrer agressif envers vous. Enfin... Dans le doute, munissez-vous quand même d'un petit gâteau ! 

14563523_1144525058962223_2761031630746088200_n.jpgGarm est le Cerbère de la mythologie scandinave. Solidement enchaîné, il garde Gnipahellir, le "roc béant" (c'est-à-dire la caverne permettant l'accès au royaume des morts), depuis une dépendance nommée Gnipa. Il ne possède pas moins de deux paires d'yeux et son ventre est constamment couvert de sang frais. Pour passer devant lui sans être inquiété, il faut être muni du gâteau de Hel, la terrible déesse qui règne sur le royaume des morts. Or elle ne le remet qu'aux hommes ayant donné du pain aux pauvres qui mourraient de faim, pendant leur vie (n'hésitez pas à m'arrêter si vous pensez pouvoir contester cette information, car il semblerait, d'après toutes les sources que j'ai consultées, qu'il y ait une espèce de confusion entre Cerbère et Garm concernant ce gâteau).

Une fois le monstrueux chien apaisé, le défunt peut entrer dans Helheim, qu'il découvre froid et brumeux. Il est alors encore libre de s'enfuir, si tant est qu'il soit tenté d'affronter Garm à mains nues, car le point de non-retour se situe sur le pont Gjallabrú, la prochaine étape de son périple. L'édifice incontournable est soutenu par de solides piliers recouverts d'or et surplombe la rivière Gjöll, que l'on peut rapprocher du Styx grec. Il est gardé par la géante Módgud. Vierge et sombre femme, elle a pour mission de demander à chaque personne qui prétend traverser la rivière qui elle est, et pourquoi elle se trouve ici. Une fois ces formalités administratives remplies, deux options s'ouvrent au défunt. Soit il s'arrête pour mener une joyeuse existence de mort, soit, s'il est décédé de maladie ou de vieillesse, il poursuit sa route vers Niflheim, le glacial monde de l'obscurité.

Le jour du Ragnarök, tous les morts ressusciteront pour livrer leur ultime bataille et les chaînes de Garm tomberont. Ils combattront sous les ordres de Loki contre les valeureux guerriers sortis du Valhalla dirigés par Odin. La moitié de l'humanité et la quasi-totalité des dieux périront lors de l'affrontemen. Quant à Garm, il combattra le manchot Tyr, jusqu'à ce que les deux adversaires en meurent. 
 
 

/Spawy

14/10/2016
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