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Le Phénix et ses multiples origines

   Le Phénix. 12669574_969514636463267_185195274446582894_n.jpgAvant de parler du mythe en lui-même, il faut s’arrêter sur son immense popularité. En effet, il y a beaucoup de choses nommées d’après lui, que ce soit des plantes, des poules, des villes américaines, des personnages fictifs ou encore un cépage de vin blanc allemand. Et ce sans compter toutes les chiées de références en musique ou encore au cinéma. Si vous êtes de ma génération, vous reconnaitrez à droite une figure emblématique des Chevaliers du Zodiaque : Ikki, le chevalier de la constellation du phœnix. Remarquez que les deux orthographes phœnix et phénix sont valides, aussi j’utiliserai les deux sans distinction aucune.


Bon, comment vous dire que c’est un peu le bordel niveau mythologie ? Vous voyez toutes les occurrences modernes du phénix que je viens de faire ? C’est la même chose dans les mythes et légendes. En effet, on peut remarquer en linguistique – oui, je digresse un peu – qu’il existe des mots qui se retrouvent sans grande variance dans toutes les civilisations ou presque, comme papa et maman ; hé bien c’est un peu la même chose pour le phœnix. Il se retrouve dans plusieurs mythologies qui ne coïncident pas toujours. Soyons alors méthodiques.

L'une des figures les plus anciennes du phénix est celle rapportée par Hérodote de légendes égyptiennes. Ici, l’oiseau serait une sorte d’aigle intelligent, lié aux dieux  et Osiris qui « embaumerait » son père dans un œuf qu’il fabriquerait avec de la myrrhe et qu’il porterait jusqu’au temple du Soleil. On trouve aussi celle d’Hésiode, lequel décrit la longévité du bousin comme extrêmement longue : 972 vies d’homme (quand même dix fois moins que les Nymphes). Ça, c’est du côté des grecs.

On trouve aussi une occurrence du phœnix dans une fable perse du XIIIème siècle. Ici, rien de bien folichon, les oiseaux (qui représentent les hommes) cherchent leur Roi – le phénix – et mené par la Huppe (un autre oiseau) ils vont par des chemins très difficiles où beaucoup perdent la vie, pour finalement se faire refouler aux portes du palais du phénix. Morale de l’histoire, le phénix perse est un thug.

Maintenant, on va voir du côté des chinois, et j’en profite pour vous enjoindre à aller lire l’article sur le qilin (ou kirin) de notre chère Spawy (article qui date de 2014, ça ne nous rajeunit pas). Dans la mythologie chinoise, donc, le phénix trouve deux occurrences : le feng et la huang qui sont respectivement le mâle et la femelle. Mais cette distinction est souvent éludée en faveur de l’appellation unique fenghuang sous le sexe femelle. Il est affilié au dragon, son pendant masculin. D’ailleurs, si le dragon est l’emblème de l’Empereur, le fenghuang est l’emblème de l’Impératrice. Il est par ailleurs aussi affilié au qilin, apparaissant lors de la venue d’un grand sage, c’est-à-dire présageant une période faste. D’aucuns pourraient le confondre avec l’Oiseau Vermillon du sud, mais il ne faut pas. Ce dernier est un esprit zodiacal vivant dans le ciel tandis que le fenghuang règne sur tous les oiseaux terrestres.


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B
on, après tout ça, il nous reste les représentations qui nous sont le plus familières. Mais il faut encore regarder du côté des romains, des russes/slaves, des juifs et enfin de la chrétienté. Commençons avec les romains. Chez Tacite, Ovide ou encore Pline l’Ancien, le phœnix est mentionné comme un oiseau qui, lorsqu’il est vieux, se décompose pour en engendrer un jeune. Plus tard, on verra apparaître le thème du bûcher. On entendra par-là que le phénix s’embrase pour renaître de ses cendres. On notera que le phénix sera frappé sur les sesterces de deux Empereurs de Rome (Trajan et Constantin 1er). Chez les juifs, il est rapporté que lorsqu’Adam et Ève mangèrent le fruit défendu et que la mort leur fut décrétée, tous les animaux en mangèrent un peu pour être mortels également. Un seul animal refusa : le Khôl. C’était le phénix. De ce fait, il vit pendant mille ans avant que son nid ne s’embrase en laissant un œuf duquel renaîtra le jeune phénix.


Du côté de ceux qui utilisent l’alphabet cyrillique le phénix – « jar-ptitsa », l’oiseau chaleur – est un oiseau légendaire (sans blague) paré de plumes rougeoyantes et venu d’un pays lointain. Il représente à la fois une bénédiction et une malédiction pour celui qui l’attrape. Il est décrit plus précisément comme un paon à crête et aux plumes irradiantes d’une chaleur rougeoyante, telle la flamme d’une bougie. Pour les russes, le phénix est une femelle, à l’instar du fenghuang chinois.

Finalement, dans nos contrées, le phénix est d’abord une figure païenne reprise par la chrétienté. Premièrement vu comme un symbole de feu créateur et destructeur, il sera ensuite repris par les autorités religieuses. Depuis, il évoque l’inverse de Lucifer, qui symbolise le feu destructeur, puisqu’il détruit pour purifier et faire renaître. Ainsi, il symbolise la résurrection du Christ. Malgré cette interprétation religieuse, on retient aujourd’hui seulement la version païenne.

Voilà qui est fait pour le phœnix, l’oiseau de feu résurrecteur. On remarquera quand même quelques variantes selon les histoires. Parmi elles, je noterai celle qui veut que les larmes du phénix guérissent n’importe quelle blessure.



Sur ces bons mots, je vais vous quitter pour l’heure. À bientôt !

 

 

/Le Prof



18/02/2016
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