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Déméter

Dans la grande famille des olympiennes oubliées, voici Déméter, déesse de la fécondité, de l'agriculture et, de manière générale, de la nature domestiquée. Celle-ci est une fille de Chronos et de Rhéa, libérée par Zeus lors du meurtre de son père (souvenez-vous, mauvais élèves ! -> la Titanomachie).

 

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Zeus, dans sa divine lubricité, s'unit un jour avec Déméter (comprenez qu'ils ont fait des bébés, mais qu'ils ne se sont pas mariés. Il y a des enfants sur cette page !) et de cette union naquit Coré (Coré signifie en grec "la jeune fille", en opposition avec Déméter qui signifie "la mère"), qui devint Perséphone après son mariage avec Hadès.
Lors de mon article sur ce dernier j'avais conté l'enlèvement. Mais le mythe que je vais vous raconter maintenant porte aussi sur cette affaire.

En effet juste après l'enlèvement, Déméter accourut sur Terre après avoir entendu le cri déchirant de sa fille, alors qu'Hadès fendait le sol pour retourner en son royaume. Pendant neuf jours et neuf nuits, elle parcourut la Terre et les mers en portant une torche. Mais personne, ni dieu ni mortel, ne voulut lui révéler l'identité du ravisseur, ni la rassurer sur le sort de sa fille.
Au matin du dixième jour, elle rencontra Hécate, la déesse mineure (comprenez "pas olympienne") de la magie et de la sorcellerie qui accepta de l'aider dans ses recherches; et c'est ensemble qu'elles arrivèrent aux portes d'or du palais du Soleil. Celui-ci avait assisté à l'enlèvement, qui s'était produit en plein jour, et avoua à Déméter qu'Hadès avait enlevé Coré avec l'accord de Zeus pour pouvoir se marier, et que c'était pour cette raison que personne n'avait voulu l'informer.
Bouleversée et furieuse envers Zeus, elle quitta son trône sur l'Olympe et partit errer sous les traits d'une mortelle, une vieille femme décrépite.

A partir de là j'ai plusieurs versions du mythe. Je vais en développer une et évoquer les autres, car elles racontent plus ou moins la même chose.

Après une longue marche, Déméter arriva dans le territoire sacré d'Eleusis. Elle s'assit alors au bord d'un sentier, exténuée de fatigue, et laissa libre cours à son chagrin. Arrivèrent alors un vieil homme et sa fille, qui lui proposèrent de l'héberger.
Déméter répondit alors au vieil homme "Puisses-tu, vieillard, jouir longtemps de la vie et du doux nom de père ! Pour moi, j'ai perdu toute la joie de vivre, et rien au monde ne peut me consoler."
Elle finit toutefois par accepter l'invitation, mais entra dans une cabane ou régnait la douleur : le dernier-né de la famille, Triptolème, se mourrait de maladie. Prise de pitié, Déméter commença à le soigner. Quand le bébé commença à rouvrir les yeux et à sourire, Déméter approcha son petit corps du feu qui brûlait dans l'âtre.
Mais sa mère se mit à crier et arracha la nourrisson des mains de la déesse, croyant son fils en danger de mort ! C'est là que Déméter reprit son apparence divine et expliqua à la femme:
"Je voulais rendre ton fils immortel, mais tu ne l'as point voulu. Il mourra donc comme un simple mortel. Néanmoins il guérira, en récompense de ton hospitalité. Il sera grand et réputé parmi les hommes, car c'est lui le premier qui leur enseignera à labourer la terre, à semer le blé, à fouler les moissons et à user, au lieu de fruits sauvages, de pain pour se nourrir. Bien plus, je veux qu'il me bâtisse ici un temple magnifique dont il sera le grand prêtre."
Après ces paroles, Déméter s'enfuit et se réfugia dans l'enceinte du temple qu'on allait lui bâtir, toujours consumée de regrets.

Dans l'autre version, Déméter est trouvée par des servants d'un palais et essaie de rendre immortel le jeune prince.

Une fois le temple bâti, Déméter lança alors une disette terrible sur le monde. Les humains mourraient de faim par millier car la terre ne produisait plus. C'est alors que, par l'intermédiaire de Zeus, Hadès et Déméter trouvèrent un arrangement (détaillé, bien sûr, dans mon article sur Hadès).

Comme vous l'aurez peut-être deviné, le culte de Déméter et ses mystères était basé à Eleusis, sa terre sacrée. Elle était vue comme une déesse douce, aimant les humains et favorable à la paix et au labeur. Par ailleurs certains auteurs affirment qu'elle ne siège pas à l'Olympe mais reste près de ses champs. Vénérée chez les Romains sous le nom de Cérès, on lui sacrifiait généralement des porcs.

 


/Shaï-Hulud



08/08/2014
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