L'Encyclopédie Fantastique

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Le jugement de l'âme

   Bonjour et bienvenue dans ce dernier article consacré à la mythologie égyptienne. Nous allons nous quitter avec un mythe majeur, un pivot, LE pivot oserai-je dire, qui structure toute cette mythologie : le jugement de l’âme.

Nous l’avons souvent évoqué tout au long de cette anthologie égyptienne, mais l’après-monde tient la place centrale de toute cette religion. L’après-monde, ou encore monde des morts, Au-delà, Enfers (au sens grec), est celui où les défunts passent leur mort jusqu’à la fin du monde. Mais ne passe pas l’éternité dans une béatitude appréciable qui veut ! C’est pourquoi les hommes doivent subir une dernière épreuve qui scellera définitivement leur sort après leur mort.

Il y a aux portes du royaume des morts un tribunal, où sont jugées une à une les personnes décédées. Oui, il y a une sacrée file d’attente, mais que voulez-vous ? Ils n’ont que ça à faire, de toute façon ! Vous vous souvenez de ThotOsiris et Anubis ? Ces trois gengens sont des figures principales de ce tribunal. Je vous explique.
Le défunt arrive dans une salle qui lui présente une balance à deux plateaux. Dans le plateau de droite se trouve une plume d’autruche, que l'on dit être la chose la plus légère aux mondes (l’autruche est l’animal totem de Maât, la déesse de la vérité). Dans le second plateau, le défunt devra mettre son cœur. Derrière cette balance, la salive aux babines (ou du moins à ce qu’on pourrait appeler « babines »), on trouve Ammout. Qui est Ammout ? Attendez encore un peu, j’y arrive. On aperçoit aussi Anubis près de la balance, qui vérifie le bon fonctionnement de cette dernière (il est surbooké le mec !). Plus au fond de la salle, on trouvera Thot qui, comme il est dit dans l’article qui lui est consacré, fait office de greffier, mais aussi une douzaine de dieux qui font office de jurés. Parmi eux, Osiris, qui préside tout le processus, est gardé par Isis et Nephtys (il sait s’entourer le bougre !).
 
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Et vous êtes là, pleins de questions : « Ouuuiiiii-euuuh ! Mais c’est quoi cet Ammout-euuuh ? Et puis c’est quoi cette balance-euuuuh ? » Ben j’y viens. Le fait est que le jugement de l’âme comporte deux étapes : d’abord la pesée du cœur, puis le jugement à proprement parler. La pesée du cœur est un moment crucial. Comme je le disais plus haut, le défunt doit mettre son cœur dans le deuxième plateau de la balance. Vous me direz qu’elle doit pencher irrémédiablement vers celui-ci, parce qu’il est forcément plus lourd qu’une plume d’autruche. Je pourrais vous répondre par un tonitruant « Mais taisez-vous ! », en citant alors l’ami Finkie, mais comme je suis civilisé et pédagogue, je vais simplement répondre que c’est un cœur fantomatique. Bah oui ! C’est une âme privée de son corps qui est jugée ! Le corps, lui, repose dans une tombe à l’état de momie, et c’est justement pour pouvoir le retrouver dans l’après-monde que le défunt est jugé. Le cœur posé dans la balance n’est pas un organe, mais est le berceau moral de l’âme. Si le mort n’a pas commis de trop grands péchés durant la vie, alors la balance ne penchera pas (la plume est le symbole de la rectitude). Les dieux discuteront du cas et, généralement, accepteront le défunt au royaume de l’après-vie. En revanche, si la balance penche, il va déguster le macchabé. Car si la balance penche, ça signifie qu’il est un voyou, un coquin, un malandrin, un margoulin, bref, une bonne grosse raclure. Là le verdict est immédiat : le cœur est dévoré par Ammout et jamais plus cette personne ne pourra se réincarner, donc le royaume des morts lui est refusé.

J’en viens donc à Ammout. Le « chien » de garde du tribunal et animal de compagnie d’Anubis est un monstre au corps d’hippopotame, aux pattes avant de lion et surtout à la tête de crocodile. Je crois que vous comprendrez pourquoi, d’après ce que je viens de dire un peu plus haut, on le surnomme « la dévoreuse des âmes impures ». C’était donc Ammout. N’empêche, ne vous avais-je pas dit qu’Anubis était un dieu über-badass ? Hein ? Je l’avais dit ou bien ?

Pour finir, je vais quand même vous décrire la deuxième version, plus tardive, du jugement de l’âme. Cette version ne repose pas sur la pesée du cœur, bien qu’elle soit toujours présente, mais sur la confession négative. C’est-à-dire que le défunt doit jurer ne pas avoir commis tel péché devant un jury de quarante-deux divinités (je vous disais qu’il y en avait beaucoup des dieux), et ce pour absolument tous les péchés. La balance pourra certes pencher, mais si le jury décide qu’il est bon pour le royaume de l’après-vie, alors : ainsi soit-il. Cette version est quand même moins badass que la pesée du cœur, ne trouvez-vous pas ?

Bref, je vais m’arrêter là. Chers amis, voici une nouvelle catégorie qui se termine. Mais il me reste encore de grandes œuvres à produire ! Donc sèche ta larme, petit lecteur, car je reviendrai bien assez vite ! Sur ce, bonne journée et vive Anubis !
 
 

/Le Prof
 


13/11/2016
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