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Chroniques Pokémon : Idéal et Réalité

   Je reviens vers vous pour vous parler de manichéisme. Mais si ! Vous savez, c’est quand on dit que tout est noir ou blanc, bon ou mauvais.

La partition qui a été faite entre les pokémons de l’esprit et ceux de l’âme n’est pas anodine. Les mauvaises langues diront : « Ouais, c’est pour faire plus de légendaires, lol. » Ce n’est pas totalement faux, mais c’est quand même bien pensé. Car la différence linguistique qui s’opère entre âme et esprit s’opère aussi dans le monde Pokémon. L’esprit représente la raison et la science quand l’âme reflète d’avantage la foi. L’un la vérité des faits, l’autre la justesse des idées. Bref, vous l’aurez compris, l’esprit se place du côté du réel et l’âme du côté de l’idéal.

Au départ donc, il y a un pokémon noir et blanc. Doté d’une puissance destructrice plus grande que celles de Palkia, Dialga et Giratina réunies (oui monsieur !) mais, heureusement pour nous, doté d’un grand sens de la mesure et de la bonté. Il reste ainsi dans son coin, pépère, flex et tout, jusqu’à l’aube de l’humanité où il commence à s’intéresser à ce qui se passe dans le monde. Et au début d’une forme de Moyen-Âge humain (faisons un petit saut dans le temps), il est amené à intervenir. Il est alors deux jumeaux, princes du royaume naissant des hommes, fils d’un roi dont ils ont hérité la sagesse. Ils veulent plus que tout la paix dans le monde et n’hésitent pas à sacrifier de leur personne pour mettre fin aux conflits. Ému par les jumeaux, le pokémon se présente aux princes et leur propose son aide, ce qui marche plutôt bien. Jusqu’au jour où les deux frères se brouillent, mais se brouillent sévère. Pour résoudre un problème, l’un prône une solution réaliste, l’autre une solution idéale. Chacune des solutions semble juste, mais elles n’arrivent pas à coexister. Et l’un et l’autre des frères ne cèdent pas au compromis (c’est là qu’on trouve le manichéisme, suivez un peu bon sang !). Le pokémon ne sait plus où donner de la tête et n’arrive pas à trancher le débat de manière juste. Il se trouve face au plus gros paradoxe qu’il ait jamais connu. Et il n’aime pas les paradoxes. Mais alors pas du tout.

La solution la plus simple qu’il a alors trouvée a été de se scinder en deux. D’un côté on trouve Reshiram, un dragon entièrement blanc, aux yeux bleus et crachant le feu, d’un autre côté on trouve Zekrom, un dragon noir de jais, aux yeux rouges et crachant la foudre (on note une référence à Yu-gi-oh). Le principe étant que chacun se bat avec la moitié qui représente sa solution et c’est la solution du vainqueur qui sera appliquée. Là il arrive deux problèmes auxquels le pokémon n’avait pas pensé. Le premier c’est que les deux frères deviennent fous, détruisant tout ce qu’ils ont construit dans leur combat et se haïssant l’un l’autre comme jamais personne n’a haï. Le deuxième c’est que ses deux moitiés sont de forces égales. Le combat s’éternise alors, sans qu’aucun ne prenne l’avantage, la haine et la folie des jumeaux augmentant à mesure que le temps passe. Le combat finit avec la mort des deux frères. Oui, lutter des jours durant sans pause avec une telle intensité peut causer la mort par épuisement. Zekrom et Reshiram n’ont alors plus de raison de se battre, mais ils ne peuvent pas se réunir. C’est pourquoi l’idéal n’est jamais la réalité et inversement. Depuis, ils se sont endormis, attendant l’apparition de deux nouveaux héros avec lesquels ils pourraient finir leur combat ancestral.

 

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Mais vous me direz que tout n’est pas blanc, tout n’est pas noir. Que ce manichéisme archaïque ne tient pas. Pré-ci-sé-ment. La scission du pokémon en Reshiram et Zekrom a laissé une coquille vide, d’un froid sans égal ou presque (vidé de la chaleur du feu de l’un et de la vitalité de la foudre de l’autre), qui erre dans ce monde avant de loger dans la grotte cyclopéenne. Il n’est ni bon, ni méchant. C’est le pokémon frontière Kyurem, représentant l'entre-deux, la zone floue entre idéal et réalité, et matérialisant l'idée selon laquelle, si l’idéal et la réalité ne sont jamais confondus, rien n’est pour autant idéal ou réel. Rien n’est blanc ou noir, il n’y a que des nuances de gris (ce qui tombe bien puisque c’est la couleur de Kyurem). De plus, le vide qu’il est peut représenter ce vide qu’il y a en chacun de nous : quel est le sens de ma vie ? Pourquoi j’existe ? Car oui, Kyurem n’a aucune raison d’être sinon quand il réunit en son sein Zekrom et Reshiram. Ce qu’il ne peut plus faire.

Bon, c’en est fini de cet article bien fat et plein de philosophie, même s’il n’y a pas de référence précise (je vous ménage un peu). J’aurais pu parler du Yin et du Yang, mais mon collègue Niedman vous en parlera bien mieux que moi. Si la question vous intéresse, vous savez donc à qui vous devez lécher les bottes.

Et vous, vous êtes plutôt réalistes ou idéalistes ?

 



/Le Prof



24/03/2016
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